La pluie brouille le défilé des images
urbaines. Du train encore, du train toujours. Des mouvements rassurants vers des pas très loin connus par coeur. Quotidien en pendule bien réglè. Les paysages d’avril en dégoulinade se cognent
aux ciels lumineux de mes imaginaires, Au sud de ma tête, au sud d’à peu près tout et surtout des doutes.
J’veux du soleil. J’veux du vrai et de l’air à respirer.
J’ai laissé une partie de mon corps étendu
dans les rues de Tolède, aux détours des cathédrales, des synagogues et le long des avenues pavées. Une parcelle de chair en gage qui brûle là-bas, quelque part, tout en étincelle de quelque
chose entre la rage et la sérénité. Cet instant qui réunit le calme et le tumulte, comme la force tranquille que les falaises opposent à l’océan.
Viens
t’écraser contre moi, viens te jeter, il y aura le vent et l’écume de tout ce qu’on a pas loupé.
La tête qui vit dans un tableau, les mains qui
s’impatientent et les routes qui s’allongent aux quatre coins de mon espace mental. Dans mes scènes de soleil, y a du vin très frais et des fruits de mer, le dépaysement qui enmêle mes cheveux et
libère ma nuque. De la légèreté. Comme si ma colonne se dénouait, femme bambou, silhouette en roseaux. Ça plie sans casser, ça balance aux gré des choses murmurées à
l’oreille.
Et
mes yeux te diront et mes sourires seront pour ces silences au petit jour.
Dans l’odeur du crépuscule, là où le rouge
épouse le sombre, j’oserai des rêves encore. Il y aura des choses banales aussi, dans mes désirs de toujours plus. Une brise, un rire, des bruits d’eau qui comptent les heures, des mots qui
découvrent et qui emmènent, des phrases qui ne se brisent jamais et des paragraphes tout entier faits de blanc à remplir. Des choses banales, des petits riens, des ébauches de pas grand
chose.
C’est
drôle grandir, vieillir, s’attacher au cours du temps. C’est drôle les promesses que ça peut avoir, quand les lueurs défient l’angoisse. C’est drôle tu sais, ces choses qu’on
voit
à l’horizon.