Vendredi 19 octobre 2007

 

Dès que j'aurai terminé cette course au diplôme, promis je reviens mettre un texte avec de vrais mots, je suis sur la dernière ligne droite.

En attendant, une fois n'est pas coutume, voici un "coup de gueule you tube". Cette à cause de clip comme celui-ci:

http://fr.youtube.com/watch?v=rex54EGM_3Q

qu'on se retrouve pris dans des situations qu'on croyait romantiques, décalées et qui, en fait, sont invivables.

À très bientôt. A.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 7 octobre 2007

Pas le moral ce soir et les mots ne viennent ni beaux ni délicats. Ils tournoient et sifflent à mes oreilles des mélodies haineuse, crachent des notes qui racontent mon envie de baisser les bras, le soir, lorsque je ferme les yeux. Ferme la porte de ma chambre sur une journée de plus passée à la regarder souffrir, à observer en douce son visage se rider sous les assauts du corps. 

Toute la maison a revêtu le manteau clouté de la maladie.

Comment parler de ça. Je ne l’évoque jamais ici. Mais tout est saccagé. Ma mère que je connaissais vive, spontanée – soupe au lait – et pleine d’entrain, d’espoir, pleine de ce rire aux larmes qui lui vient de l’Italie, ma mère meurt doucement, ayant succombée à des angoisses et des rêves en miette et cette boule venu se loger au fond de son sein, un mois de juin. Depuis, de sombres maux ont élu domicile dans sa nuque, son dos, ses doigts qu’elle tient sans cesse recroquevillés, comme figés, dans l’attente d’un soulagement qui ne vient pas.

Et puis. Ce mois de janvier dernier, encore. Lui cette fois. Son cœur qui est revenu mais qui n’a plus eu la force d’emmener son cerveau avec lui. Les cliniques. Les médecins et les assurances. Les factures à payer et les thérapies par centaines. Les « vous pouvez être heureux qu’il soit en vie ».

(ah bon ? AH BON ??? mais qu’est-ce que vous en savez putain de blouse blanche les mots c’étaient sa vie -)

Lui qui m’a mis sur la voie des livres. Lui qui a lu tous mes travaux, il ne lira pas le dernier.

Il aurait été tellement fier.

J’écoute ma vie au stéthoscope. Je n’entends plus aucun de mes rêves. Parfois je revois la famille que nous avons été. Pas parfaite, pleine de rancoeurs inavouées, pleine de ces imperfections propres aux histoires familiales. Mais avec des rires, et des projets. Mais avec un avenir.

Je n’ai plus la force de faire celle qui tient bon. Celle qui sourit malgré tout. Celle qui insuffle encore de la vie avec sa bonne humeur.

J’ai envie de me réveiller.

par anaïs publié dans : désir du jour
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Jeudi 20 septembre 2007

 

Un immense MERCI à tous ceux qui m’ont soutenue, les écrits sont passés, réussis, validés. Sans éclat fulgurant de génie certes, mais les lectures amassées au fil de ces cinq dernières années ont tout de même porté leurs fruits. Une pensées reconnaissante pour mon professeur, probablement ému de ma soudaine pâleur et de mon visage aux traits quelques peu allongés, chiffonnés, qui a accepté avec un sourire et un agréable mépris du protocole que je l’appelle aujourd’hui pour savoir si « ça passait ». Cela passe. Dont acte. Et en avant pour les oraux.

(au milieu de tout ça des souvenirs qui reviennent à la pelle et à l’assaut sans barrières sans armures sans égards, car je le sais là-bas qui enseigne des rhinocéros et autres ionesceries, alors forcément je revois la voiture le départ en Espagne nos chevilles qui s’entrelaçaient  sur le tableau de bord, jambes de blonde jambes de brune, et nos mots qui voltigeaient en l’attendant au bord de cet université toute en arcade, ces discussions sur le plaisir, sur le désir, et toujours cette impression de malaise qui se mêlait aux joies les plus éclatantes ; et nos sourires complices auxquels je croyais et son sourire à lui de nous retrouver à la sonnerie de la cloche, et puis la route vers le sud. le sud.)

Et puis aussi cette magnifique phrase d’Hervé Guibert, qui me vient, là, dans le soleil de l’automne, qui est en fait une phrase de Sartre, je le sais, mais comme je l’ai découverte chez Guibert elle lui sera à jamais liée ; et elle dit  si la littérature n’est pas tout elle ne vaut pas une heure de peine 

Et alors je souris.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Jeudi 13 septembre 2007

Un immense brouillard sur cette ville que je ne connais plus. Coma climatique tout en ouate. Mes livres devant moi, petits bouts de vie dans lesquels j’ai vécu ce que j’étais trop lâche pour vivre en vrai. Mon ordinateur qui donne plus de lumière que cette fausse lueur spectre d’automne, tombant blanche depuis la fenêtre. Mon café qui refroidit doucement (08h00 second café déjà, le premier à 06h00, au cœur de la maison qui dort).

 

Samedi j’irai écrire ce que je sais (et ce que je ne sais pas, aussi, pour faire genre) et j’aurai le coeur qui tremblera dans mon stylo parce que me planter, maintenant, serait vraiment la plus mauvaise des idées.

 

(et dans la tête j’ai :… mon cœur s’accroche à tes phalanges…).

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 9 septembre 2007

Sous ma peau quelque chose se rebelle. Chaque jour mon reflet prend une claque ; je me toise dans le miroir. Mes lectures tournent autour du corps et me donnent la nausée. Truismes, À ciel ouvert et même ce Carnet d’une soumise de province que j’aurais pu trouver beau, je pense, si chaque phrase ne me faisait frissonner de mal-être. Il se passe des choses étranges, que je ne comprends pas, qui s’ajoutent à la fatigue et au stress, comme un dégoût de la chair contemporaine, un haut-le-cœur infiniment triste qui ne quitte plus ma gorge. La glace me renvoie l’épaisseur de mes cuisses, la pâleur de mon teint, mes fesses qui me paraissent alourdies, molles et d’une blancheur sèche. Les mots que je lis sont comme une nourriture, ils me sautent à la gorge, ne passent pas, je fais un rejet de ces corps à corps inlassables. Les descriptions me poursuivent la nuit, cliniques, froides, désabusées, sombrant dans le détail pour faire oublier que l’essentiel n’est plus possible.

Et alors, mon âme imprime à son enveloppe la seule réaction qu’elle connaisse : Les brûlures dans la poitrine et la gorge, l’angoisse qui monte, qui cherche, qui traque l’indice d’une maladie, d’une déficience ; les yeux qui se posent partout, s’attardent, jusqu’à avoir trouvé la puce à l’oreille. La tête dans l’étau, les épaules qui se crispent et avalent la nuque, faisant glisser la sueur le long de la colonne pour finalement se loger dans les reins.

Hier soir, j’ai cédé, chassant les images à coup de Xanax, afin que la nuit, le temps de quelques heures, soit vraiment noire.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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