Jeudi 29 novembre 2007

Le cœur un peu gelé de cette possibilité qui s’est dérobée à moi, ce projet auquel je croyais, poste qui devait me permettre de quitter ces murs trop lourds à porter, de m’évader de cette famille que j’aime mais dont j’ai tant besoin de me séparer, le cœur en berne donc et l’espoir un peu écorché j’ai été voir chez elle et chez elle. Et leurs joyeux projets rêveurs, leur douce nostalgie partagée, leurs igloos en devenir d’amitié et de rencontre m’ont un peu pansé la déception. Et je me suis dit qu’il y aurait le rêve, toujours, et ces mots qui coulent de mes doigts et de mon ventre, ces mots auxquels je peux toujours revenir encore et encore, même si tout s’effondre autour et même si le vent souffle sur ces maudits châteaux de carte qu’on s’acharne à bâtir au milieu de la tempête, pauvres petits idéalistes que nous sommes.

 

Et alors, du haut de leurs grues, j’ai regardé au loin parce qu’il le fallait bien, je ne pouvais pas laisser mes prunelles fichées dans le présent qui m’angoisse. Je suis montée très haut, j’ai respiré à l’air libre (qui ? l’air ? moi ?) et j’ai souri aux mouettes qui braillaient.

 

(même si, en croquant dans les nuages, je n’ai pas pu avaler complètement cette boule de peur qui squatte ma gorge).

 

Alors, en pensée, j’ai enfilé mes gants carmin, ceux à la fourrure d’évasion, et je les ai rejoint sur le terrain enneigé de notre futur palais de glace.

 

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 25 novembre 2007

Maurice Béjart, le grand poète de la danse, s'est éteint le 22 novembre à l'âge de 80 ans. Quelques jours avant sa mort, il dirigeait encore ses danseurs, à la barre et devant le miroir qui avaient été toute sa vie. Un grand magicien du geste s'en est allé. En espérant que, quelque part, il fait danser les étoiles...

par anaïs publié dans : échos du passé
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Jeudi 22 novembre 2007

Je pars deux jours aérer ma tête, mon coeur, tout ce que je dois maîtriser au jour le jour. Il y aura des grandes étendues, peut-être un peu de neige. Et surtout. Du silence.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Lundi 19 novembre 2007

Dédicace spéciale à une complice Kelly Calèche

 

Des envies de chaleur à la limite du brûlant. Des gouttes de cire pour une sensation entre le frisson d’appréhension et le soulagement lorsque éclate la bulle de feu à l’orée de ma peau. Là où elle est tendre, là où elle ne se dit pas. Dans des endroits où la moindre brèche est synonyme de la plus tendre reddition. J’imagine les couleurs en vrac qui paillettent l’épiderme, qui l’ornent, doux vestiges du pas de deux entre lui et moi.

 

Des spectateurs ? Peut-être. Comment le savoir puisque mes yeux sont bandés et que je n’entends que mon souffle qui s’emballe , qui s’agite, qui s’enfièvre ?

 

Mon corps immaculé, ces temps, me démange. Envie de voir sa marque sur moi. Entendre siffler la promesse de cuir au bord de mon oreille avant qu’elle ne s’imprime. La contempler, ensuite, dans le miroir, écho et reflet du rouge qui habille mes joues. C’est peut-être un des moments que je préfère. Celui où je prolonge, dans l’image qui m’est renvoyée, une complicité tout en douce sauvagerie et folle tendresse.  

 

(Et des besoins, plus crus et plus violents, mais que les mots ne savent pas rendre, dès qu’ils ne sont plus murmurés. Alors je les garde. Pour lui et moi.)

par anaïs publié dans : désir du jour
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Samedi 17 novembre 2007

Je néglige ce blog depuis quelques temps. Les mots restent bloqués au bout des doigts, impossible de les imprimes sur le clavier. Je ne sais pas si c’est l’hiver qui tombe ou mes réserves qui s’amenuisent doucement. La journée, je cadenasse tout mon corps et ma tête pour pouvoir fonctionner au sein de ce quotidien qui n’est fait que de maladie, de larmes, de projets avortés et de souvenirs qui font mal parce que le bonheur s’y cache et qu’on sait qu’il ne reviendra plus.

 

J’ai l’impression d’évoluer avec un énorme scaphandre invisible.

 

Recroquevillée à l’intérieur, je me nourris de moments d’évasion que je crée de toutes pièces. La conscience enfermée à double tour, pour que rien ne filtre, pour que rien ne sorte ni n’entre ni ne se mélange. J’ai besoin d’un espace absolument vierge de tout extérieur, comme un sas pour que la réalité ne me cogne pas trop durement.  

 

Je vis en apnée.

par anaïs publié dans : désir du jour
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