Dimanche 9 septembre 2007

Sous ma peau quelque chose se rebelle. Chaque jour mon reflet prend une claque ; je me toise dans le miroir. Mes lectures tournent autour du corps et me donnent la nausée. Truismes, À ciel ouvert et même ce Carnet d’une soumise de province que j’aurais pu trouver beau, je pense, si chaque phrase ne me faisait frissonner de mal-être. Il se passe des choses étranges, que je ne comprends pas, qui s’ajoutent à la fatigue et au stress, comme un dégoût de la chair contemporaine, un haut-le-cœur infiniment triste qui ne quitte plus ma gorge. La glace me renvoie l’épaisseur de mes cuisses, la pâleur de mon teint, mes fesses qui me paraissent alourdies, molles et d’une blancheur sèche. Les mots que je lis sont comme une nourriture, ils me sautent à la gorge, ne passent pas, je fais un rejet de ces corps à corps inlassables. Les descriptions me poursuivent la nuit, cliniques, froides, désabusées, sombrant dans le détail pour faire oublier que l’essentiel n’est plus possible.

Et alors, mon âme imprime à son enveloppe la seule réaction qu’elle connaisse : Les brûlures dans la poitrine et la gorge, l’angoisse qui monte, qui cherche, qui traque l’indice d’une maladie, d’une déficience ; les yeux qui se posent partout, s’attardent, jusqu’à avoir trouvé la puce à l’oreille. La tête dans l’étau, les épaules qui se crispent et avalent la nuque, faisant glisser la sueur le long de la colonne pour finalement se loger dans les reins.

Hier soir, j’ai cédé, chassant les images à coup de Xanax, afin que la nuit, le temps de quelques heures, soit vraiment noire.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 2 septembre 2007

Je me coule avec une amertume mêlée d’appréhension dans les habitudes de la maison. Une angoisse sourde pèse sur les meubles et les enveloppe d’un futur incertain, leur murmurant de cacher bien vite les souvenirs des jours heureux. Le soleil s’efforce de dorer les lourds escaliers acajous, se moquant au passage de la bourgeoisie qu’ils se plaisent à aborder le long du tapis écarlate. Les sourires sont un peu forcés, les rires fugaces, presque honteux d’avoir éclatés.

 

 

Dans ma chambre, je cherche à vider mon esprit des fantômes nomades. Je vis le long des heures qui s’enfilent et s’entrechoquent ; comme des perles prêtes à se briser sur les dalles.

  

 

La machine à café est ma propriété privée. Personne ne l’utilise plus depuis janvier et quelques grains de poussières y logent encore. Depuis mon retour elle ronronne et vrombit, complice de mes coups de fatigue. Je sais que, bientôt, écoeurée du liquide doré, je courrai acheter des canettes de coca light qui me donneront de surcroît un petit air de princesse postmoderne.

 

 

Le soir, le silence s’abat de bonne heure sur la maison. Ma mère cache ses larmes et sa solitude dans son lit, mon frère abrutit ses quatorze ans devant la télévision, le chien se tasse dans son panier. Quant à moi, je m’essaie à l’étude, bataillant à réduire la pile de livres et à museler mes peurs.

 

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Vendredi 31 août 2007

 

Ceux qui me connaissent un peu savent qu'il m'arrive de m'insurger vis-à-vis de mon pays.

J'y habite à nouveau depuis 24h.

Quelle ne fût pas ma surprise, ce matin, de découvrir dans toute la ville, de manière légale et acceptée, les nouvelles affiches du parti "d'extrême-droite" suisse (Christophe Blocher, c'est notre petit Jean-Marie Le Pen à nous!). Bien sûr, ils ont le droit d'afficher, comme tous les autres. Mais..... mais l'affiche en question m'a laissée sans voix, interdite, révoltée.

Voilà mon pays! Dites-le, montrez-le autour de vous! Nous sommes voisins... les évolutions se contaminent fréquemment les unes les autres.

Quant à moi.... eh bien je ne me sens décidemment pas l'âme hélvète.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Jeudi 30 août 2007

 

Les cartons ouverts, les livres dans la bibliothèque rouge et noir, celle de mon adolescence, choisie, à l'époque, dans l'euphorie chez Ikea. Des centaines de bibelots à la cave, pas la place, comment faire rentrer un appartement dans une simple chambre, impossible bien sûr.

La gorge nouée, les yeux dans la poussière, la sueur froide qui coule le long des regret et des combats à venir.

Les adieux dans la tête, tellement proches du coeur qui déborde. Pas envie d'en parler.

par anaïs publié dans : désir du jour
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Mercredi 29 août 2007

Je pars. Voilà. La maison est calme et sombre. Je retiens mes larmes.
par anaïs publié dans : désir du jour
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