"Qu'ils soient Paco Rabanne ou Yves Saint Laurent, certains hommes tiennent parole."
par anaïs
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Dépaysement. En quelques heures, mes yeux ont quitté la grisaille de la ville de Montaigne, mouillée de pluie, pour les terres brûlées de Catalogne. Promenade à Montfalco Murallat, littéralement « Mont Faucon emmuraillé ». Et vraiment: les maisons en remparts, baignées dans la lumière de braise, se dressent paresseusement au milieu de l’herbe folle et de la rocaille. Les chats règnent en maître, se prélassant sous un soleil qui serait de plomb si ne soufflait pas une légère brise.
Depuis les ruelles, au détour d’une voûte, l’oeil plonge sur les champs qui s’étalent dans la vallée. Les blés coupés reposent parfois en sillon, parfois en lourdes briques, tranchant de manière étrange avec le gris sombre et net des autopista sur lesquelles se pourchassent les voitures.
Les grillons chantent, les sandales claquent sur les pavés. Je respire le soleil, avide, golosa (goulue) de ces jours qui me sont offerts. Vacances en sursis.
par anaïs
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De la poussière bleue sur nos souvenirs et l’été qui n’en finit pas d’arriver, qui ne cesse d’être là, comme prévu. De la braise sur des rêves à vifs. Comme quelque chose d’une plaie qu’on ne peut désinfectée. Et j’essaie les alcools. Et j’essaie les corps-à-corps avec la danse. Tentative d’un pas de deux avec l’oubli.
J’ai peur des trains qui partent, des avions qui s’envolent, des lettres qu’on promet et qu’on écrira pas, des temps qui s’en vont, encore, encore, encore.
Et le murmure du vent par-dessus, comme un „c’est pas grave“ narquois.
Partir ne m’avait jamais attristée. Re-partir me tire des larmes qu’on dira de regrets. Parce que je sais vers quoi je rentre et ce que je laisse.
par anaïs
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J'ai fait silence tous ces jours. Trop de brouhaha dans la tête et mes mains qui s'enmêlaient à faire trop de choses. Les retours au pays des montagnes et des lacs se fondent parfois dans un amalgame de stress, d'appréhension et d'espoir toujours prêt à renaître.
Vaste programme.
Donc, oui, le silence. Mais je me balade à nouveau dans la ville de pierre et peut-être ma tête acceptera-t-elle à nouveau de produire des mots. D'autant que se dessine un voyage du côté des Ramblas que je n'ai pas vues depuis - des siècles! - depuis mes années rires, amitiés, folles illusions et vins étoilés. Je me souviens de cette recherche infructueuse du labyrinthe, des discussions interminables au bord de l'eau, blottie dans les bras francs de mon meilleur ami, je me rappelle les rêves qui résonnaient sur les pavés des ruelles.
Hâte d'y retourner, même si... même si tellement différente. Même si tellement moins candide.
À côté de cela j'ai resorti mes livres de première année: histoires littéraires, survols, biographies et résumés en tout genre. Et je les ouvre avec un certain plaisir... moi qui aime tant faire l'élève... (vade retro psychanalyse!) et je plonge mes yeux dans cette immensité des mots qui miragent le passé au creux de moi.
par anaïs
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