The Rival
If the moon smiled, she would resemble you.
You leave the same impression
Of something beautiful, but annihilating.
Both of you are great light borrowers.
Her O-mouth grieves at the world; yours is unaffected,
And your first gift is making stone out of everything.
I wake to a mausoleum; you are here,
Ticking your fingers on the marble table, looking for cigarettes,
Spiteful as a woman, but not so nervous,
And dying to say something unanswerable.
The moon, too, abuses her subjects,
But in the daytime she is ridiculous.
Your dissatisfactions, on the other hand,
Arrive through the mailslot with loving regularity,
White and blank, expansive as carbon monoxide.
No day is safe from news of you,
Walking about in Africa maybe, but thinking of me.
(Sylvia Plath, Ariel)
par anaïs
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mots d'ailleurs
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Il fait gris, insidieusement. Et la ville végète dans l'attente du printemps. Les mots n'adoucissent pas, aujourd'hui, et mon amertume prend le dessus.
Alors je fais silence.
Ce soir, j'irai peut-être chercher dans les alcools ce que les mots ne m'ont pas offert. Et demain est un autre jour.
par anaïs
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désir du jour
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Depuis quelques soirs, trois, quatre, ils se ressemblent tous, un homme la guette. Lourdement enfoncé dans un des canapés de L’Ange silencieux, car le bar se nomme ainsi, il observe la femme, la couve du regard et d’un sourire doucement narquois.
Leurs yeux se croisent, ils se jaugent, un tango oculaire.
Elle lui trouve un charme désuet et quand elle défie ses prunelles noires, des vers de Mallarmé sonnent à son oreille. Suranné. Elle secoue la tête, la torpeur la reprend. Quelle heure est-il; déjà? Bien trop tard pour songer à rentrer. La montre à son bras gauche indique l’aube et dehors les premières livraisons ont commencé. Bientôt, la ville sentira le café et dissoudra d’un geste arbitraire les mirages de la nuit. Les gens presseront le pas, usant de toute leur énérgie pour arriver au même endroit que la veille et le lendemain. Au milieu des klaxons et des injures peut-être s’en trouvera-t-il un pour s’étonner. Mais rien n’est moins sûr.
Elle se lève, paie. Sa langue s’en va furtivement voler les dernières gouttes d’amande qui perlent sur ses lèvres. L’homme va-t-il la suivre? Une embuscade facile s’offre à lui, un jeu d’enfant pour adultes. Le bar se situe au coin d’une rue très sombre ; quelques maisons plus loin, une porte cochère se ferait sa complice. Se débattrait-elle? Longtemps? Il s’en tirerait avec quelques griffures, marques insolentes de la proie qui va se rendre. Ses mains imprimeraient la cadence sur la peau satinée des reins rebelles...
Elle se lève, paie. Quand elle sort, la porte se referme paresseusement sur elle, comme les vagues emportent les châteaux de sable.
Ne pas s'entretenir dans la peinture des maux. Me détacher de moi (oh, si peu...). Voir plus loin. Je décide aujourd'hui d'inaugurer une nouvelle rubrique qui s'appelera "fictions en miroir"... Je n'y posterai que des textes fictionnels. Parce qu'il faut écrire. Encore. Plus.
Partie en fumée
Dans le rouge artificiel du bar, elle attend, mi-lascive, mi-fragile. Le seuil de ses lèvres acceuille de temps à autre une cigarette, invite à peine déguisée. Elle est là tous les soirs, un carnet noir sous ses mains teintées de nacre. Invariablement, elle commande de la liqueur d’amande, amaretto, dans sa bouche cela résonne comme un mot d’amant, murmuré dans l’extase. Elle boit lentement, alanguie dans l’ennui et la musique en sourdine. Elle semble à peine voir les gens qui entrent et sortent, parlent, séduisent et pavoisent. Elle flotte. Indécise sylphide, elle paraît danser avec le temps.
À quoi pense-t-elle?
Parfois elle saisit son stylo et se risque à tracer quelques mots, comme mue par un réflexe ancien. Mais l’inspiration ne dure pas et ses doigts repassent dans ses cheveux, d’un geste distrait, vaguement sensuel.
Qui est-elle?
La fin attache de ses poignets invite au lien sauvage et derrière le flou de ses yeux frémit comme un battement d’ailes, petit oiseau à mettre en cage. Si l’on tendait l’oreille, peut-être pourrait-on entendre l’écho d’un claquement sec et d’un doux râle.
Comment chasser ce goût amer qui a élu domicile au fond de ma gorge? Comment rire de ce non-retour qu'est devenue ma vie? Des chemins sont définitivement barrés, et les déviations mènent toutes au vide, à la résignation.
C'est ça, perdre ses illusions?
La petite fille en moi, je crois, est enfin devenue grande. Femme? Je ne sais pas. Mais grande. Sans oeillères, tentant encore dans des sursauts d'espoir de battre le temps, et le monde, et la sombre vérité des gens.
Il me reste mon corps. Il me reste mes mots. Il me reste mes attachements qui, malgré tout, malgré la tempête, malgré toutes les formes qu'ils n'adopteront plus, existeront.
par anaïs
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désir du jour
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