Samedi 29 septembre 2007

 

Et parfois mes envies se font très sages, les images tendres, le corps doux. Et je rêve de ma peau blottie dans la chaleur de la sienne et de son sexe qui se dresse lentement contre mes courbes; et son souffle dans ma nuque; et ses mains sur mon ventre et des caresses tout autour du coeur -

- et. Et le reste serait juste pour nous.

par anaïs publié dans : Fictions en miroir
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Mercredi 26 septembre 2007

 

« Who are you » je lui murmure dans l’oreille et je voudrais avoir la voix de Tom Waits mais ce n’est que la mienne et j’escamote le rampement rauque de la phrase. Elle a son regard guerrier et son cristal fiché au fond des prunelles ; j’ai mes complexes qui me déboîtent la gorge et qui jugulent mon envie de lui en coller une.

J’ai remplacé les Nocturnes de Chopin par la précision assassine de Karajan faisant l’amour à Vivaldi. Dehors le soleil pâlit d’heure en heure, bientôt il aura les nuances cendrées des fins de saison.

 

Je me ressers du vin ; il n’y a pas de raison.

 

Pleine de l’autorité que me confère le noble breuvage, je m’irise et m’emporte, sans plus réfléchir aux marques qu’impriment le clavier, sans plus rien omettre de toute cette haine qui m’anime encore et palimpseste mes rêves la nuit. Je l’observe en cachette, dans les moindre recoins de sa face d’ange et j’éructe et j’ajuste en pensée la bretelle du top en dentelle s’affaissant sur les épaules : sois poupée jusqu’au bout !

 

Je me ressers du vin ; il y a mille raisons.  

 

Alors, dans un large mouvement de ciseaux je refais le portrait à la photo mentale, telle qu’elle est restée placardée au seuil de ma mémoire. Un coup dans les joues de pêches, un dans le satiné des épaules, un dernier au petit bonheur et au grand aussi – celui qu’elle m’a volé.

par anaïs publié dans : Fictions en miroir
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Jeudi 20 septembre 2007

 

Un immense MERCI à tous ceux qui m’ont soutenue, les écrits sont passés, réussis, validés. Sans éclat fulgurant de génie certes, mais les lectures amassées au fil de ces cinq dernières années ont tout de même porté leurs fruits. Une pensées reconnaissante pour mon professeur, probablement ému de ma soudaine pâleur et de mon visage aux traits quelques peu allongés, chiffonnés, qui a accepté avec un sourire et un agréable mépris du protocole que je l’appelle aujourd’hui pour savoir si « ça passait ». Cela passe. Dont acte. Et en avant pour les oraux.

(au milieu de tout ça des souvenirs qui reviennent à la pelle et à l’assaut sans barrières sans armures sans égards, car je le sais là-bas qui enseigne des rhinocéros et autres ionesceries, alors forcément je revois la voiture le départ en Espagne nos chevilles qui s’entrelaçaient  sur le tableau de bord, jambes de blonde jambes de brune, et nos mots qui voltigeaient en l’attendant au bord de cet université toute en arcade, ces discussions sur le plaisir, sur le désir, et toujours cette impression de malaise qui se mêlait aux joies les plus éclatantes ; et nos sourires complices auxquels je croyais et son sourire à lui de nous retrouver à la sonnerie de la cloche, et puis la route vers le sud. le sud.)

Et puis aussi cette magnifique phrase d’Hervé Guibert, qui me vient, là, dans le soleil de l’automne, qui est en fait une phrase de Sartre, je le sais, mais comme je l’ai découverte chez Guibert elle lui sera à jamais liée ; et elle dit  si la littérature n’est pas tout elle ne vaut pas une heure de peine 

Et alors je souris.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Jeudi 13 septembre 2007

Un immense brouillard sur cette ville que je ne connais plus. Coma climatique tout en ouate. Mes livres devant moi, petits bouts de vie dans lesquels j’ai vécu ce que j’étais trop lâche pour vivre en vrai. Mon ordinateur qui donne plus de lumière que cette fausse lueur spectre d’automne, tombant blanche depuis la fenêtre. Mon café qui refroidit doucement (08h00 second café déjà, le premier à 06h00, au cœur de la maison qui dort).

 

Samedi j’irai écrire ce que je sais (et ce que je ne sais pas, aussi, pour faire genre) et j’aurai le coeur qui tremblera dans mon stylo parce que me planter, maintenant, serait vraiment la plus mauvaise des idées.

 

(et dans la tête j’ai :… mon cœur s’accroche à tes phalanges…).

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 9 septembre 2007

Sous ma peau quelque chose se rebelle. Chaque jour mon reflet prend une claque ; je me toise dans le miroir. Mes lectures tournent autour du corps et me donnent la nausée. Truismes, À ciel ouvert et même ce Carnet d’une soumise de province que j’aurais pu trouver beau, je pense, si chaque phrase ne me faisait frissonner de mal-être. Il se passe des choses étranges, que je ne comprends pas, qui s’ajoutent à la fatigue et au stress, comme un dégoût de la chair contemporaine, un haut-le-cœur infiniment triste qui ne quitte plus ma gorge. La glace me renvoie l’épaisseur de mes cuisses, la pâleur de mon teint, mes fesses qui me paraissent alourdies, molles et d’une blancheur sèche. Les mots que je lis sont comme une nourriture, ils me sautent à la gorge, ne passent pas, je fais un rejet de ces corps à corps inlassables. Les descriptions me poursuivent la nuit, cliniques, froides, désabusées, sombrant dans le détail pour faire oublier que l’essentiel n’est plus possible.

Et alors, mon âme imprime à son enveloppe la seule réaction qu’elle connaisse : Les brûlures dans la poitrine et la gorge, l’angoisse qui monte, qui cherche, qui traque l’indice d’une maladie, d’une déficience ; les yeux qui se posent partout, s’attardent, jusqu’à avoir trouvé la puce à l’oreille. La tête dans l’étau, les épaules qui se crispent et avalent la nuque, faisant glisser la sueur le long de la colonne pour finalement se loger dans les reins.

Hier soir, j’ai cédé, chassant les images à coup de Xanax, afin que la nuit, le temps de quelques heures, soit vraiment noire.

 

par anaïs publié dans : désir du jour
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