Dimanche 16 août 2009
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Je me rappelle le silence,
celui qui monte doucement. Une vague qui prend à la gorge pour se poser en proprétaire sur les choses, s'étend, occupe la place, les coins sombres, voile la légerté de la lumière. Je me
rappelle le cri de la maison glacée de mutisme, les dalles marbrées, mes pas de loup sur la poussière endormie. L'éclat béant de l'évier s'agrippait à mon regard quand je venais rincer un verre,
une assiette, un pot de plastique qui m'avait servi de repas en ces jours sales de printemps ravagé. Dans ma tête, j'entassais les adjectifs, évitant soigneusement les verbes qui m'auraient
obligé à sortir de cette torpeur en armure. Qualifier et s'immobiliser, rentrer dans le silence, devenir ce son hurlant de présence abolie, un peu comme le bourdonnement sourd qu'on entend juste
après la sonnerie des cloches.
J'avais des silences de bourgeoise, ceux qui se cognent au velour des canapés et s'entassent sur les courbes
des porcelaines. Mais il avait la violence de ce qui ne laisse pas le choix.
Je me rappelle de ça, je m'en souviens très bien. Je guettais le moindre bruit, l'intégrait aux fantasmes qui
colonisaient ma tête. Cet oiseau était-il là hier, le camion poubelle avait du retard, non? la goutte au robinet devenait-elle plus rapide, peut-être faudrait-il faire venir un plombier,
quelqu'un, peut-être faudrait-il sortir et le crier sur les toits, le long des allées et dans les jardins joliment apprêtés du voisinage, le bruit de cette goutte, anormal, ennivrant,
obscène.
Et jamais rien ne se passait que les heures qui se moquaient de moi et des milles vies que je faisais survivre
aux confins de mon imagination.
Je suis d'autant plus content de vous lire que, moi aussi, aujourd'hui j'écris. Je suis loin d'avoir fini. Mais à cette heure je suis heureux et satisfait de ce que j'ai produit.
Je vous emvoie mes pensées et mes baisers,
Votre SirCrimson
Et merci pour tous ces compliments, je rougis de plaisir. Vous savez combien votre avis compte, combien vous comptez, en tous points.
j'ai hate de lire les votres, de mots.
Pensees, tendresse et d'autres choses, qui n'ont pas leur place ici... sourire!
Je vous embrasse,
SirCrimson
et c'est derrière
devant le soleil se lève
je t'embrasse la belle
V.W., The Waves.