Vendredi 9 mai 2008

Il y a du soleil tous les jours maintenant quand je sors de la maison. Pourtant je la traque, l’aube, promis, avec ma tête toute renversée de mauvais rêves et de beaux aussi, ceux qui sentent la tendre tristesse même quand j'enfouis ma figure chiffonnée sous l’oreiller, histoire d’oublier tous mes sens.

Je ne me souviens plus bien comment c’est l’été. Ici. La canicule de la ville de pierre a doucement grillé l’image mentale que j’en avais. Je crois que la chaleur, je ne saurai plus jamais m’y étendre sans un vague goût de champagne et de vin blanc sur la langue, sans un velouté de peau sous les doigts.



par anaïs publié dans : désir du jour
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Mercredi 7 mai 2008

Quand les rêves ricanent la nuit, je me lève et je m'imagine les lumières de la ville. Et je pose doucement sur mes épaules le poids du temps.



par anaïs publié dans : désir du jour
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Dimanche 4 mai 2008

Ce matin j'ai été courir pendant que l'été se levait. Parce que je me suis dit que tu ferais sûrement pareil, là, bientôt. Ce matin, tout me parlait de toi. Les objets, les rues, les mélodies et le restaurant, perché au dessus du Rhin.


Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De ta première ride, de nos mauvais choix,
De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'armes,
Des types qui votent les lois là bas au gouvernement,
De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,
Du temps qui avance, de la mélancolie,
La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,
Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,
Alors souris.

Dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De la vieillesse qui prend, de leurs signes de croix,
De l'enfant qui se meurt, des vallées du tiers monde,
Du salaud de chasseur qui descend la colombe,
De ce que t'étais belle, et des rives arrachées,
Des années sans sommeil, 100 millions de femmes et
Des portes qui se referment de t'avoir vue pleurer,
De la course solennelle qui condamne sans ciller,
Alors souris.

Et dans 150 ans, on n'y pensera même plus
A ce qu'on a aimé, à ce qu'on a perdu,
Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues !
Finir tous dans la terre, mon dieu ! Quelle déconvenue.
Et regarde ces squelettes qui nous regardent de travers,
Et ne fais pas la tête, ne leur fais pas la guerre,
Il leur restera rien de nous, pas plus que d'eux,
J'en mettrais bien ma main à couper ou au feu,
Alors souris.

Et dans 150 ans, mon amour, toi et moi,
On sera doucement, dansant, 2 oiseaux sur la croix,
Dans ce bal des classés, et encore je vois large!,
P't'être qu'on sera repassés dans un très prochain naufrage,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais que veux-tu ?...
(Raphaël)

par anaïs publié dans : désir du jour
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Vendredi 25 avril 2008

...de coca glacés sur une plage avec du vent et rien d’autre que l’océan qui me parle; de danse jusqu’à l’aube avec la tête qui tourne et les mains qui promettent; de chansons qui font briller les souvenirs, et de films tellement beaux qu’on oublie qu’ils sont pas vrais. J’ai des envies de passions qui éclatent parce que le destin parfois ça marche et des désirs de balades de café en café, en parlant  à deux comme si on était dix, quinze, le monde entier.

Parfois j’ai des envie de changer ma tête, mes yeux, pour voir autrement, mes oreilles pour entendre les oiseaux des contes de fée, ceux qui meurent au petit matin; j’ai des envies folles, troubles, obscènes, tendres et enfantines, comme celles qui me parlent de falaises de Bretagne et des dôme russes, orangés de trop de crépuscule, ça bouge et ça s’agite dans mon ventre, là où surgissent la nuit des appels à l’éternité et au voyage, partir encore, toujours, ne pas s’arrêter aux coins des routes, ni au creux des livres, courir vers là-bas, vers le mieux, vers le plus loin que l’horizon et cueillir enfin cette infime part de mystère.

Et parfois, aussi, j’ai des envies d’alcools d’amande et d’une amie qui me ressemblerait un peu, un accent italien au fond de la gorge, une mélodie en sourdine qui berce et qui rassure, et je veux

que tout soit vrai.

Tous les rêves, tous les désirs, toutes les attentes immenses que je tente de ramener à échelle humaine.

Oui, parfois j’ai des envies.

par anaïs publié dans : désir du jour
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Vendredi 11 avril 2008

Je n'écris pas assez ces temps, je sais bien. Cela plane au dessus de moi comme un regret froid. Le soir quand je rentre je suis trop pleine de vie quotidienne pour m'arracher et aller plus loin, remonter dans ma tête et dans des régions plus obscures afin de déposer des choses sur le papier.

Pourtant je pensais que ce serait simple. Ce n'est pas ce que je disais, bien sûr, mais c'est quelque part ce que je pensais: ce serait simple. Il suffirait d'aligner les mots, de les laisser transpercer la paroi de mon cerveau et s'allonger sur le papier comme d'anciens amants que je pourrais enfin oublier.

Je croyais qu'il n'y aurait qu'à écrire toutes ces putain d'histoires qui me dévorent.

Mais bien sûr, les mots ne font pas ce que je veux, du tout, même pas un peu et chaque lettre inscrite sur chaque page m'arrache quelque chose de moi, quelque chose d'important mais jamais avec la bonne couleur, la nuance juste, celle qui aurait exprimé, signifié, pourquoi ça fait mal parfois, la nuit et tout le temps.

Le matin, le mauvais temps efface les regrets nocturnes, comme une vieille peinture posée sous la pluie. Les traces de couleur sont là pour rappeler sa forme d'antan. Le fleuve, quant à lui, est lourd de remous verts et boueux. Tous ses reflets ont coulé au fond, là ou se terrent les sirènes.


par anaïs publié dans : désir du jour
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