arts & more


Mardi 16 juin 2009


"Je te voyais courir sur des terrasses,
Je te voyais lutter contre le vent,
Le froid saignait sur tes lèvres.

Et je t'ai vue te rompre et jouir d'être morte ô plus belle
Que la foudre, quand elle tache les vitres blanches de ton sang"

(Yves Bonnefoy, Du mouvement et de l'immobilité de Douve, I)

Par anaïs
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Jeudi 26 mars 2009

Le problème, avec Barthes, c'est qu'il faudrait citer tout Barthes. Du coup, le temps de choisir, je me rabats sur Gide:

"Les influences les plus personnelles, celles qui exercent une action durable, séparent."

(André Gide)

 

Par anaïs
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Mercredi 25 mars 2009

Ce soir théâtre et scène. J’ai regardé sans le voir je crois, comme souvent j’imagine. Un regard neuf, toujours vierge d’images mentales sur la rétine, c’est cela en fait, qu’il faudrait. Dans les rires de l’homme j’ai vu ses rires, dans la danse endiablée j’ai vu ses mouvement de commedia dell’arte, si présent dans la représentation de mon souvenir. J’ai vu le personnage mais ressenti l’acteur, comblé les lacunes avec un savoir qui m’est propre. Je dis : j’ai déjà vu tout ça en lui, il faudrait aller le chercher. Je dis : ailleurs, tu vois, l’emmener plus loin.

 

Est-ce cela pourtant, ou plutôt moi qui façonne, fouillant les vieilleries de ce que je connais déjà ?

 

Un regard neuf, une prunelle tout en candeur, j’aimerais bien je crois, ça ferait un coup de balai, place nette et table rase, tous les proverbes à l’appui.

 

En marchant sur l’asphalte mouillé de la ville endormie, je repense à l’incompréhension, aux langages épuisés et je me demande s’il y a encore des mots au-delà des regards.

 

Ça tourne en rond entre mes deux hémisphères. Trouver une nouvelle manière, un autre chemin, la même langue mais un autre dialecte. Comment dire quand tout a déjà été dit, même la question est banale. « Un coup de dés jamais… » non, trop simple. Il faut chercher plus loin que les bouées littéraires. Non, moins loin en fait, plus proche de ce qui se passe à l’aube, collé à l’instant du réveil, ce flottement, cet espace qui relève du rêve et de la réalité du jour, l’entre-deux, c’est là que cela se joue, c’est endroit incertain, bancal, pas calibré. Le lieu d’où tout est possible même si rien n’arrive, finalement.

 

Oui, c’est là qu’il faudrait commencer, à l’orée du sablier. Il faudrait conjurer la lumière et l’odeur de l’âme qui secoue le sommeil, rassembler musique et mots, forme et couleur, oser dire au lieu d’expliquer.

 

Avec le silence comme alphabète, le souffle deviendrait syntaxe et les battements de cil mettraient des points aux moments qui se brisent.

 

Par anaïs
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