Les messages de l'aube


Lundi 16 mars 2009

Les habitudes qui ne se perdent pas, elles sont là, juste un peu en décalage de ce que j'étais dans mes ailleurs. Lorsque les journées se font trop courtes, les bordures de la nuit trop peuplées de gens connus qui défilent dans le chaos de ma tête, je règle la sonnerie du réveil sur ces heures qui peuvent n'appartenir qu'à moi. Et cette vieille vue que j'aimais déjà dans mon adolescence, identique dans tous les lieux, celle de la nuit qui blêmit sous l'arrivée du jour, les noirs qui deviennent bleus, les fenêtres qui s'allument, les stores qui se lèvent. Et moi je suis là et y a que ces moments qui m'appaisent après les combats nocturnes.

L'aube seulement me fait supporter le silence.

Les brouillons de mots se bousculent dans mon chantier mental, comme s'il me manquait le permis de construire. J'ai juste ces bribes et ces labyrinthes qui s'assemblent en puzzle un peu étrange. Des voix, des visages, des sensations qui ne seraient pas uniquement les miennes, c'est nouveaux, y des personnages qui remuent en moi. Ils me parlent tous de voyages avec les nuits en baluchon, d'alcools et de cartes postales qu'on écrit pour ne pas perdre le fil; ils m'ébauchent des monologues déclamés à la solitude, des pas qui claudiquent, des horloges en sablier du temps qui nous reste, de l'océan, des falaises et de leur affrontement quand le vent les jettent l'un contre l'autre.

Il y a ces mots, il y a ma peur toujours en compagne, elle me manquerait presque si elle s'éloignait un jour, et il y a la route qui m'appelle et le travail qui me fait l'ignorer.


Par anaïs
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Jeudi 8 janvier 2009
Le 8 février, la Suisse vote pour savoir si elle souhaite la "reconduction des accords de libre circulation des personnes avec son extension à la Bulgarie et la Roumanie"

C'est sera la votation la plus importante de 2009.

Si la Suisse vote "non" (et elle en est capable, nous avons déjà montré comme nous sommes fier de notre petit confort, bien isolés dans notre petit monde, à l'abri de tout et des autres) ce sera une catastrophe (et je pèse mes mots). Les accords bilatéraux déjà existants, y compris notre toute récente entrée dans l'espace Schengen se trouveront remis en cause!

Je vous laisse imaginer les arguments démagogiques, racistes et racoleurs de la droite dure helvétique (le parti de l'Union démocrate du centre - UDC). Je ne vais pas entrer en campagne sur ce blog, parce qu'il est lu majoritairement par des Français et je pense qu'il est plus important de parler, avec les Suisses, autour de moi. Mais je voudrais tout de même mettre en ligne une des affiches de l'UDC, juste pour vous donner une idée de la réalité politique suisse.

Voici les les images et les connotations avec lesquelles les tenants du "non" à la libre circulation (et donc à l'Europe, et donc à l'ouverture au monde - tout simplement) travaillent :



C'est tellement dingue que cela se passe de commentaires.

Montrez cette affiche, parlez-en autour de vous. La politique suisse est moins médiatisée à l'étranger que celle de pays comme la France, l'Allemagne, l'Italie ou les Etats-Unis. Mais des choses comme ça, il faut qu'elles se sachent...
Par anaïs
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Mercredi 7 janvier 2009
Je ne sais pas me lever doucement. Il y a toujours ce sursaut rempli d'urgence et teinté d'angoisse qui m'ébranle le corps dès la sonnerie du réveil. Je l'ai pourtant choisie délicate, une non-agression musciale. Mais quelque chose à l'intérieur de moi se tend tellement pendant la nuit, la somme de tout ce qui n'a pas été dit, pas été fait, l'amoncellement des rêves qui s'échouent un peu, la journée, quand derrière les choses à faire l'essentiel se perd.

Je m'étais dit un jour "les mots", c'est ça que je veux. Et ça s'efface tellement au profit de ce qu'on appelle la vraie vie, l'agitation, les gens, le travail pour vivre, acheter, se mettre bien au chaud. L'improbable fout le camp parce que "ce n'est pas raisonnable", parce qu'il faut bien faire des courses un jour sur deux, parce que "j'aurais bien voulu, mais...".

La nuit, tout ça, ça me revient en pleine tête. Le boomerang de ma foi d'adolescente, celle qui me faisait dire "je sais, ce sera ainsi". Et je me réveille bouleversée d'avoir déçu cette part en moi.

Puis l'aube passe et puis j'oublie.
Par anaïs
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