Il y a dans leurs échanges tout ce qu’elles y mettent et tout ce que j’y plante chaque fois que je m’immerge dans ses phrases qu’elles se lancent comme autant de phares et de refuges, des invitations au voyage dans les airs. Mais avec le filet de leur amitié, de leur amour. Et je flâne quelque temps dans leur désir de vie et de rire, de larmes et de tout ce qui fait que le matin est promesse et non répétition.
C’est émouvant et grand ce dialogue qui se noue entre leurs bras et qui noue ma gorge de souvenirs. Des souvenirs qui m’appartiennent mais que je plaque sur elles parce que c’est un peu ma névrose de l’identification qui s’amuse à me planter devant des miroirs qui ne sont que des fenêtres ouvertes sur d’autres vies.
J’espère qu’elles me pardonneront de faire des mots des mondes, des igloos des promesses de glaces et des grues des montés vers l’impossible. Et si cette note est brouillonne et vacillante c’est parce que j’aurais voulu leur dire que j’aime le secret qui les crée mais que je ne sais pas faire dans la simplicité.
Depuis plusieurs semaines que je les lis j’admire le souffle si doux des phrases qui se font l’amour. Comme deux paragraphes qui se seraient appuyés l’un sur l’autre dans le néant blanc des pages vides. Je les lis et j’aime, comme l’été pour la lumière de ses aubes, ou l’automne pour celle de ses crépuscules, comme la vérité pour la douleur qu’elle provoque ou les rides autour d’une bouche pour la trace des sourires. J’aime. Parce l’espace qu’elles laissent exister entre leurs vies est celui de la liberté. De la confiance. De la curiosité et de l’acceptation que l’Autre est autre.
Je crois que j’aime parce que ça devrait être ça. L’amour de la femme, des femmes, l’amour entre femmes et pour les femmes et contre les femmes, aussi, parfois. Peu importe comment, peu importe qui et où et quelles implications on y met : ça devrait être comme ça, avec ce sourire calme et fou, ce cri intense qui résonne comme le léger murmure d’un « tu peux compter sur moi ».
Et tout cela aussi parce qu’on devrait tous avoir une image en reflet qui nous dit « viens, allons au delà du soleil ».


