De la lumière, pas grand chose finalement

Publié le par anaïs

 

La pluie brouille le défilé des images urbaines. Du train encore, du train toujours. Des mouvements rassurants vers des pas très loin connus par coeur. Quotidien en pendule bien réglè. Les paysages d’avril en dégoulinade se cognent aux ciels lumineux de mes imaginaires, Au sud de ma tête, au sud d’à peu près tout et surtout des doutes.

 

J’veux du soleil. J’veux du vrai et de l’air à respirer.

 

J’ai laissé une partie de mon corps étendu dans les rues de Tolède, aux détours des cathédrales, des synagogues et le long des avenues pavées. Une parcelle de chair en gage qui brûle là-bas, quelque part, tout en étincelle de quelque chose entre la rage et la sérénité. Cet instant qui réunit le calme et le tumulte, comme la force tranquille que les falaises opposent à l’océan.

 

Viens t’écraser contre moi, viens te jeter, il y aura le vent et l’écume de tout ce qu’on a pas loupé.

 

La tête qui vit dans un tableau, les mains qui s’impatientent et les routes qui s’allongent aux quatre coins de mon espace mental. Dans mes scènes de soleil, y a du vin très frais et des fruits de mer, le dépaysement qui enmêle mes cheveux et libère ma nuque. De la légèreté. Comme si ma colonne se dénouait, femme bambou, silhouette en roseaux. Ça plie sans casser, ça balance aux gré des choses murmurées à l’oreille.

 

Et mes yeux te diront et mes sourires seront pour ces silences au petit jour.

 

Dans l’odeur du crépuscule, là où le rouge épouse le sombre, j’oserai des rêves encore. Il y aura des choses banales aussi, dans mes désirs de toujours plus. Une brise, un rire, des bruits d’eau qui comptent les heures, des mots qui découvrent et qui emmènent, des phrases qui ne se brisent jamais et des paragraphes tout entier faits de blanc à remplir. Des choses banales, des petits riens, des ébauches de pas grand chose.

 

C’est drôle grandir, vieillir, s’attacher au cours du temps. C’est drôle les promesses que ça peut avoir, quand les lueurs défient l’angoisse. C’est drôle tu sais, ces choses qu’on voit

 

à l’horizon.

 
 

Publicité

Publié dans mumures - voyages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
bel horizon ma belle
Répondre
C
Que G. Monplaisir soit une nouvelle fois remercié.Enchanté, Anaïs, de découvrir votre adamantine rivière.
Répondre
G
Chère Anaïs,On aimerait que vous développiez davantage cette "expérience intérieure".Toutes mes amitiés,Gilleshttp://gillesmonplaisir.hautetfort.com/archive/2009/05/06/anais.html
Répondre
A
Sir, cher Sir. Oui, un peu de tout ça. Bientôt d'ailleurs... il y aura des nouveaux souvenirs à créer. Je vous embrasse. A.Cher Gilles - Merci, cela me touche beaucoup ce que vous dites. Cela donne envie de continuer. Je vous envoie une pensée souriante, A.
Répondre
G
Sublime. Ce que vous venez d'écrire est sublime.
Répondre