Ailleurs (2): Lyon bis

Publié le par anaïs

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil.

Le train depuis Mulhouse est presque vide et je flotte quelque part entre la poésie spectrale de Saez et les images floues d’anciens voyages.

Il fait beau et je me perds dans la contemplation du soleil couchant qui frôle l’orée des champs. À perte de vue. Les Mémoires d’Outre-Tombe restent ensevelies au fond de mon sac, j’écris à peine et il n’y a rien, rien d’autre que ce soulagement d’être là, de l’autre côté de la frontière.

Le train traîne et prend du retard. Je souris car c’est presque comme de retrouver les mauvaises habitudes d’une amie perdue de vue. On peut compter sur la SNCF pour être fidèle à elle-même. Immuable.

Puis j’arrive, Lyon Part-Dieu, j’y étais déjà passée, mais jamais descendue. Ça grouille de monde le long des quais et il surgit de quelque part au milieu de la foule, au détour d’un panneau d’affichage. Il est là, ses bras se referment autour de moi et son étreinte est une promesse d’abri. Il m’a manqué comme un frère et je m’étonne encore une fois du calme qu’il dépose en moi, juste avec son sourire.

Ensuite, c’est deux jours de retrouvailles et de rires, de souvenirs échangés, ceux qui font mal et ceux qui flirtent encore pleins d’espoir avec l’avenir. Il se tait doucement devant mon sourire qui grince en apercevant que notre hôtel est un „Campanile“. Pas de commentaire déplacé lorsque j’évoque le dernier où j’ai été, par un début d’automne sur une route du sud. Il m’écoute aussi pendant que je lui dis le futur qui m’interroge et cette Suisse avec laquelle je joue à cache-cache. On parle de vin, de nourriture, d’Angleterre, d’amitiés qui se dérobent et de celles qui s’affirment; on parle de sa famille que j’ai hâte de connaître et de la mienne, aussi, alors que la nuit avance.

On chuchote des choses sur la vie, et sur la mort qui rôde partout, là où on l’attend le moins, on rigole comme des enfants de nos créations linguistiques hybrides, quelque part entre l’espéranto et Babel revisité.

Au menu il y a de la Bavette, des cookies, de la glace à la vodka et une vraie tablée lyonnaise avec, en vrac, des saucisses aux lentilles, de la gratinée à l’oignon, de la quenelle et du gâteau au foie de volaille, sans oublier le velouté du St. Marcellin et la douceur suave d’une crème brûlée partagée au dessus des pavés nocturnes. Les alcools quant à eux se suivent et ne se ressemblent pas. Tandis que je m’efforce de lui parler Tariquet et Carbonnieux, il se moque à pleines dents de l’irremplaçable Château Bellevue, choisi à la va-vite dans une superette arabe et bu entre deux fous rire dans des gobelets en plastique.

Au passage on s’aventure dans les ruelles de Lyon et nos voix résonnent au creux de l’âge des pierres. Je note un nombre élevé de jolies filles, à la française, minces et des robes flottantes sur le négligé d’un jean, des pieds hâlés et des cheveux lâches, comme un rideau sur une multitude de regards un peu tristes. On s’extasie à l’unisson sur le tatouage charmeur d’une serveuse et je me fais la réflexion que je voudrais bien qu’il vive ici, bientôt, pour pouvoir revenir.

Et puis entre deux plaisanteries, les discussions se font plus enflammées. Il s’agit de rêves et de résignation, de blessures répétées et de bras qu’on baissent, parce que les ornières y en a marre et les gens aussi, qui promettent et peignent le bleu du ciel juste pour vous faire tomber de plus haut ensuite. Je m’emballe et essaie de lui dire le soleil et la rage de vaincre, et je choisi mal mes mots et égratigne sans le vouloir. Je secoue parce que la tristesse dans ses prunelles me fait peur, et que je sais tellement bien tout ça. Il y a une bonne part d’auto persuasion dans mon discours et je me rappelle d’autres discussions, similaires dans leur essence, ailleurs, dans une autre vie. On se fâche, trois secondes et demie, on peste et on rigole, et le chemin continue, au gré des heures qui passent.

Dimanche enfin, lorsqu’il me laisse sur le quai, j’ai de la chaleur dans le cœur et des lumières au fond du regard. Finalement, tant qu’il y aura des gens comme lui, et comme quelques autres, tant qu’il y aura du vin et des murmures sous les étoiles, les cons et la vie pourront bien cracher leur venin tant qu’ils voudront.


EDIT: À ce texte et à ce séjour, le "il" de Lyon m'a répondu un si joli message que ces quelques impressions ne sauraient être complètes si je ne le fais pas figurer ici. Maintenant, ces deux jours dans les rues lyonnaises prennent leur juste couleur:

*last wednesday... the 'countdown' has already started, i can't fit in anywhere. i don't belong to the time which i'm in or i'm just not ready for anything which are waiting for me. i can't enjoy at all, a bit hopeless and madly stressful all the time. not only because of the interview, for a while uncertainties are everywhere, life is a real shit...

then lyon-part-dieu, she's coming... in fact, it's her who signify a complete haven for me and i think for everyone who had this amazing opportunity to meet her. we're meeting in front of paul, she's warm and peaceful as usual. conversation -instead of my tears- begins from the first minute, i try express myself with words without any hesitation to be understood. the same thing continues all the weekend accompagned by the great french food and also wine, especially the masterpiece chateau-bellevue.

i feel much better afterwards thanks to her; she doesn't solve something maybe, also makes me angry with her precious points of view, but the fact i need the most, is that she gives me the impression that i'm not alone. someone cares about me!!!

sunday evening, 'adieu' again. i'm getting colder, no idea why i can't let myself but block everytime, and give her a simple hug hoping she knows that she's at a point where no one is, not a friend but meapostrophe.*


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Publié dans mumures - voyages

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D
last wednesday... the 'countdown' has already started, i can't fit in anywhere. i don't belong to the time which i'm in or i'm just not ready for anything which are waiting for me. i can't enjoy at all, a bit hopeless and madly stressful all the time. not only because of the interview, for a while uncertainties are everywhere, life is a real shit...then lyon-part-dieu, she's coming... in fact, it's her who signify a complete haven for me and i think for everyone who had this amazing opportunity to meet her. we're meeting in front of paul, she's warm and peaceful as usual. conversation -instead of my tears- begins from the first minute, i try express myself with words without any hesitation to be understood. the same thing continues all the weekend accompagned the great french food and also wine, especially the masterpiece chateau-bellevue. i feel much better afterwards thanks to her; she doesn't solve something maybe, also makes me angry with her precious points of view, but the fact i need the most is that she gives me the impression that i'm not alone. someone cares me!!!sunday evening, 'adieu' again. i'm getting colder, no idea why i can't let myself but block everytime, and give her a simple hug hoping she knows that she's at a point where noone is, not a friend but me':=))love you great person...   
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J
pas eu ton mail ma belle<br /> bises et couccou theoje pars ds quelques heures
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J
non je n'ai pas eu ton mailje pars ds quelques heuresje t'embrassetheo itou
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A
Coucou Théobelle. Les instants "ressource" comme ça, c'est vrai que c'est bon, et nécessaire. Je me bats pour garder de cette énergie...Bisous papillon vers toi. A.
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T
Quand les retrouvailles font du bien au coeur... ça fait un bien fou ! Et se sentir ensuite prête à attaquer à nouveau, sortir ses cornes et repartir, un peu plus forte.bises cornues !
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