Alors voilà.

Publié le par anaïs

Alors voilà, je suis là. J’ai monté les cartons, et les caisses, et les choses pas bien emballées qui tenaient plus mal que bien dans des sacs en papier épars. J’ai pris possession des velux dans la cuisine et dans la salle de bain et je me sens comme une rescapée dans une grotte pleine de lumière. Le matin cela me procure une sensation étrange, cette clarté qui tombe dans le miroir depuis le plafond. Et je me dis que j’ai mes échappées de ciel à moi. Comme un regard de plus vers le monde. Dans la chambre au parquet patiné, y a encore plein de livres en vrac et de souvenirs pas rangés. La lampe orange a trouvé sa place comme par automatisme, sur la bibliothèque à l’angle de la voûte qui surplombe le lit. Au crépuscule, elle prend le relais du soleil rougeoyant, une fois qu’il a disparu derrière les toits.

Comme c’est étrange cette sensation. Chez moi, vraiment. Avec mes meubles, ma commode au bois sombre, mon bureau qui craque et grince de vie déjà vécue, chez moi avec les tableaux qui traînent en attendant d’orner les murs, les livres partout sur les étagères, à côté du lit, parterre dans les coins et les plus jolis qui pavanent sur les rebords de la fenêtre et me parlent de ceux qui me les ont offerts. Chez moi, dans cette ville que je connais si mal, avec ses ruelles étroites et ses pavés à perte de vue comme si le Moyen-Âge c’était hier, et la rivière qui serpente au travers, là-bas en bas, à la base de la cité.

J’ai mis des bougies pour l’odeur et pour les ombres qui se pourchassent sur les murs encore trop blancs. Ça sent la cannelle, chez moi, et parfois le thé aux fruits rouges. Le café je préfère le prendre dans ce lieu juste avant le pont, baroque et feutré, où ils servent le lait à part, le tout sur un petit plateau en fausse argenterie. Les serveuses glissent sur le moelleux des tapis et l’on n’entend rien, pas même le temps qui passe. Alors c’est drôle, dans ce décor de théâtre je me sens à l’abri des interrogations qui blessent, comme devenue moi-même personnage de cette vaste scène bourgeoise et opaque de certitudes. Je déguste mon café, doucement, et je sais que bientôt je vais secouer ces coulisses pour sortir dans la brume de la ville, celle qui accompagne l’aurore. Mais pour l’instant, je suis là, et ma seule réalité est la mousse blanche dans laquelle je fais tourner l’éclat de la cuillère.
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Publié dans mumures - voyages

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T
Ola bella !bienvenue chez toi, j'espère que très vite des souvenirs viendront habiter ces lieux avec toi, impregner les murs, les draps, les canaps et fauteuils, etc etc etc car il n'y a qu'à ce moment là où on peut vraiment se sentir chez soi, dans un lieu habité de soi et des autres.bise à toi :-)
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A
do you think so? i believe sometimes a whimsical concept is more than enough for almost everything. at least it IS a concept... and you can imagine how i love concepts. sérieusement: merci. tu es le bienvenu ici quand tu veux. je te ferai des céréales à la cannelle, homme (...).
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L
Moving in is more than an whimsical concept.Wish u the best in your sweet home, femme.
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A
Belle Jeanne: oui, je suis en Suisse, dans la capitale même, et je crois que je vais m'y plaire. J'espère surtout que je vais trouvers des plages de temps vierge pour un peu plus de mots écrits. Merci d'être toujours là. A.Cher Sir Crimson: Merci pour ces voeux qui ne peuvent que me toucher puisqu'ils viennent de vous. Vous verrez, je vous ai écrit un tout petit mot "papier", griffonné en vitesse depuis ce café justement. Prenez-soin de vous, même (surtout) en ce jour "dirty" et gris. A.PS : le code pour valider le commentaire est "YES" et je pense, bien sûr, à ce YES WE CAN tant attendu et qui s'est réalisé dans la nuit du 4 au 5!
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S
Je suis heureux de savoir que vous êtes désormais chez vous et que vous investissez votre espace et que vous le meublez de vos souvenirs, de vos affects et de vous.Et parce que je suis incorrigible, et que chaquelecture de vous m'arrache des larmes, je ne puis que vous dire que j'aimerais boire moi aussi du café en ce lieu que vous décrivez, près de vous.Je formule des voeux.Le meilleur pour vous, en tous les cas.
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