Après la tempête
Les journées s'enchaînent. De plus en plus dures, car nous savons maintenant qu'il faudra tenir sur la durée. Longtemps. Je cherche de tous côtés à quoi me raccrocher, mais je me sens si seule.
Et je suis terrorisée. Terrifiée. Car je sens que je suis forte maintenant mais qu'il y aura aussi un "après". Dans cet "après", je sens que la moindre brise pourra me mettre à terre. Or, ce ne sera pas de la brise, mais des bourrasques. Oh, je l'ai choisi. J'aurais aussi pu continuer à me mentir pendant des semaines, des mois, j'aurais pu faire semblant encore quelques temps, semblant de croire encore à un renouveau. Je n'aime pas mentir. Ni aux autres, ni à moi-même. Il fallait trancher, je l'ai fait. Pas d'une manière aussi nette que je l'aurais voulu, mais le premier pas est fait. Et il faut que j'apprenne à être patiente.
Mais cela va être si dure. De la patience oui, il en faudra, et apprendre à détourner les yeux, à boucher mes oreilles. Savoir que je vaux tout de même quelque chose.
Réapprendre doucement à chercher d'autres regards, d'autres sourires; me tourner vers le soleil, pas me replier sur moi-même.
Surtout éviter les images de mains qui se trouvent, de peaux qui s'embrasent, calfeutrer mon âme en vue des ces cauchemars qui ne vont pas manquer de m'assaillir. Ne pas penser aux mots qui peuvent s'échanger, aux promesses qui se feront, aux fantasmes qui se réaliseront. Ne rien imaginer de tout ce possible que je n'ai plus.
Et ne rien regretter. Non. Plutôt regarder loin devant.