Et tournez manège...
Une fatigue immense qui m'engloutit. Comme du plomb au creux des membres. Mon univers, ma vie, ces jours, se résume pourtant à la stérilité du blanc hospitalier. Des visages qui commencent à être connu, des sourires qui deviennent familiers, des mots qui terrorisent moins; un monde que j'apprivoise. Les machines, fidèles au rendez-vous, indifférentes géolières des organes qui s'affolent, perdent de leur superbe: elles ne me font plus peur. Même, elles me parlent. Je reconnais à présent la couleur des lignes, le battement des chiffres, petit à petit leurs symboles se dévoilent à moi.
Me serais-je douté qu'un jour, la lassitude se mêlerait ainsi à l'espoir? L'angoisse à la gratitude, la terreur à la reconnaissance pour chaque infime pas fait vers la lumière de la conscience?
Dehors, les gens parlent, marchent, rient et se plaignent. Le monde tourne. Mal, mais il tourne. Et personne ne se doute des emballées capricieuses qu'il fera bientôt pour tel ou tel d'entre eux...
Tous, ils vont. Où? Je ne sais pas.