Jours de pluie
Je n'écris pas assez ces temps, je sais bien. Cela plane au dessus de moi comme un regret froid. Le soir quand je rentre je suis trop pleine de vie quotidienne pour m'arracher et aller plus loin, remonter dans ma tête et dans des régions plus obscures afin de déposer des choses sur le papier.
Pourtant je pensais que ce serait simple. Ce n'est pas ce que je disais, bien sûr, mais c'est quelque part ce que je pensais: ce serait simple. Il suffirait d'aligner les mots, de les laisser transpercer la paroi de mon cerveau et s'allonger sur le papier comme d'anciens amants que je pourrais enfin oublier.
Je croyais qu'il n'y aurait qu'à écrire toutes ces putain d'histoires qui me dévorent.
Mais bien sûr, les mots ne font pas ce que je veux, du tout, même pas un peu et chaque lettre inscrite sur chaque page m'arrache quelque chose de moi, quelque chose d'important mais jamais avec la bonne couleur, la nuance juste, celle qui aurait exprimé, signifié, pourquoi ça fait mal parfois, la nuit et tout le temps.
Le matin, le mauvais temps efface les regrets nocturnes, comme une vieille peinture posée sous la pluie. Les traces de couleur sont là pour rappeler sa forme d'antan. Le fleuve, quant à lui, est lourd de remous verts et boueux. Tous ses reflets ont coulé au fond, là ou se terrent les sirènes.
Pourtant je pensais que ce serait simple. Ce n'est pas ce que je disais, bien sûr, mais c'est quelque part ce que je pensais: ce serait simple. Il suffirait d'aligner les mots, de les laisser transpercer la paroi de mon cerveau et s'allonger sur le papier comme d'anciens amants que je pourrais enfin oublier.
Je croyais qu'il n'y aurait qu'à écrire toutes ces putain d'histoires qui me dévorent.
Mais bien sûr, les mots ne font pas ce que je veux, du tout, même pas un peu et chaque lettre inscrite sur chaque page m'arrache quelque chose de moi, quelque chose d'important mais jamais avec la bonne couleur, la nuance juste, celle qui aurait exprimé, signifié, pourquoi ça fait mal parfois, la nuit et tout le temps.
Le matin, le mauvais temps efface les regrets nocturnes, comme une vieille peinture posée sous la pluie. Les traces de couleur sont là pour rappeler sa forme d'antan. Le fleuve, quant à lui, est lourd de remous verts et boueux. Tous ses reflets ont coulé au fond, là ou se terrent les sirènes.
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