Cette frontière

Publié le par anaïs


Mes heures matinales sont presque des heures nocturnes, tant mon sommeil fuit le jour. Quand je sors dans l'obscurité glacée, loin encore des orangés de l'automne, la musique dans mes oreilles me tient à l'abri du monde. Ainsi retranchée de l'espace auditif réel, les gens et les choses me paraissent tellement loin que je suis parfois saisie d'effroi: la limite entre le normalité et la folie n'existe presque pas, elle est à peine un infime souffle.
Il suffirait de si peu pour basculer complètement à l'intérieur de soi, définitivement hors de portée.
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Publié dans mumures - voyages

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P
Ecris un roman !
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S
Justement, restez, restons de ce côté-ci. Oui, nous sommes en guerre, une guerre terrifiante contre notre condition, sa finitude ; une autre tout aussi effroyable contre l'oppression sociale et les cons. Vivre implique de cultiver sa liberté, de la défendre, de la préserver : contre les lois, contre l'enfermement en soi. On ne pactise pas avec la folie : on lui dit non, on la refuse. Vous savez ce que j'en pense, et ce que j'en ai dit, par exemple, lors de la publication de "Jours de guerre". Je vous embrasse, SirCrimson.
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