Perte de l'imaginaire

Publié le par anaïs

Quand la nuit tombée m'incite à gagner mon lit, je suis parfois saisie d'une angoisse sourde mais lancinante. Celle de ne plus trouver - un jour - parmi le monde des mots, de porte sur l'imaginaire. Cette ouverture vertigineuses qui m'est offerte par le souffle d'autres, par des mains qui ont tracé des pans de rêves sur le papier, n'est pas acquise, je le sais bien. La pensée que le battant pourrait se refermer violemment, à tout instant, emportant l'évasion et le remède aux solitudes, au quotidien, aux rancoeurs et aux impasses toujours recommencées, me glace.

Je pourrais ne plus savoir quel livre ouvrir, ils pourraient se mettre à se ressembler tous, comme la vacuité du sourire des babouchkas, reflétant à l'infini leur reproduction à l'identique, porteuses seulement du message que toute chose, vouée à la représentation unique et semblable, s'amenuise et finit par disparaître.
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Publié dans mumures - voyages

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L
Merci pour votre réponse rassurante, mais non, ce ne sont plus que des mots je vous l'assure. Je comparerais plutôt cela aux soubresauts d'un animal blessé qui tenterait de s'accrocher désespérément à ce qui lui reste de vie, plus qu'à un véritable combat.<br /> Ou alors peut-être qu'une petite partie de mon âme se bat encore pour ce reste d'imaginaire qui sommeillerait encore, quelque part dans les limbes de mon cerveau fatigué. Mais la réalité qui me contient est implacable.<br /> J'aime beaucoup cette idée de mise "entre parenthèse" mais hélas, au delà de ces parenthèses, j'ai mis tellement d'autres parenthèses, et des ratures, et des points, et des points finaux. Comment revenir au début du texte et réécrire le roman d'une vie? Non c'est impossible! Mais vous qui n'en êtes qu'à l'ébauche des chapitres à venir, oui, battez-vous et ne commettez pas cette erreur de poser un jour les armes. Luttez pour préserver encore et toujours ce que vous êtes, votre univers. Faites front face à tout ce qui pourrait tenter de vous façonner. La récompense en vaut certainement la peine.<br /> Je ne me bats plus, aussi ne serai-je que le témoin anonyme d'un bout de votre voyage, jusqu'au jour où vous jugerez bon de déchirer cette page numérique qui me relie à vous.<br /> C'est étrange, mais ce matin, avant de venir chez vous, j'ai trouvé un texte au hasard de mes errances sur le web. Par respect pour son auteur je ne le recopierai pas ici mais je vous engage à le lire si vous avez un peu de temps. Voici le lien http://karlchaboum.blogspot.com/2009/01/je-suis-mineur-mme-si-je-men-vais-vers.html ... Je pense que vous comprendrez très vite en le lisant.
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A
égaré ou non, je vous salue, passant. merci de ces encouragements qui sonnent à mes oreilles comme une incantation. vous semblez induire qu'il est trop tard, pour vous. mais vos mots mêmes, ici, ne prouvent-ils pas qu'il n'en est rien, que vous y croyez encore, que la force est là mais endormie, paralysée, mise entre paranthèse? je me bats. je me battrai.et vous?a.
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U
"La pensée que le battant pourrait se refermer violemment"... Malheureusement cela ne se passe pas ainsi, c'est un processus beaucoup plus insidieux, lent et assez cynique. Comme une maladie qui au lieu de ronger le corps rongerait l'esprit. On se réveille un matin et on réalise que la réalité a remporté la bataille... et la guerre.. Car on s'apperçoit que cet état de fait perdure depuis bien longtemps, mais, on a jamais voulu le voir, l'admettre, le reconnaître, jusqu'à ce matin où l'on fait face à ce qui est inévitable et sera immuable jusqu'à notre mort physique.C'est une lutte de chaque instant, et je vous souhaite de ce qui me reste de coeur, de la remporter, et de ne jamais connaître cet état même si, parfois, le doute vous assaille. Gardez le rêve, l'imaginaire, "l'autre vie" au fond de vous, qu'elle reste votre alliée jusqu'au bout.
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A
Dormez un peu, quand même, cher Sir. Même si les aubes, c'est peut-être les seuls moments où l'on peut faire ce qu'on veut, les seules heures "de libres", je sais.Je vous embrasse depuis la capitale enneigée, carte postale.A.
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S
L'un est toujours différent de l'autre... Heureusement.Je vous embrasse, Votre Sir (qui ne dort pas).
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