Perte de l'imaginaire
Quand la nuit tombée m'incite à gagner mon lit, je suis parfois saisie d'une angoisse sourde mais lancinante. Celle de ne plus trouver - un jour - parmi le monde des mots, de porte sur l'imaginaire. Cette ouverture vertigineuses qui m'est offerte par le souffle d'autres, par des mains qui ont tracé des pans de rêves sur le papier, n'est pas acquise, je le sais bien. La pensée que le battant pourrait se refermer violemment, à tout instant, emportant l'évasion et le remède aux solitudes, au quotidien, aux rancoeurs et aux impasses toujours recommencées, me glace.
Je pourrais ne plus savoir quel livre ouvrir, ils pourraient se mettre à se ressembler tous, comme la vacuité du sourire des babouchkas, reflétant à l'infini leur reproduction à l'identique, porteuses seulement du message que toute chose, vouée à la représentation unique et semblable, s'amenuise et finit par disparaître.
Je pourrais ne plus savoir quel livre ouvrir, ils pourraient se mettre à se ressembler tous, comme la vacuité du sourire des babouchkas, reflétant à l'infini leur reproduction à l'identique, porteuses seulement du message que toute chose, vouée à la représentation unique et semblable, s'amenuise et finit par disparaître.
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