Tenir. Vivre ensuite
Qu'écrire si ce n'est pour pleurer? Il le faut pourtant. C'est vrai. Je ne sais pas où, dans quel recoin encore inexploré de mon corps et de ma tête je vais trouver la force de tenir debout, mais il faudra bien que je trouve.
Dans ma vie j'ai toujours exprimé, dit, pleuré, crié, ri aux éclats aussi. Cela m'a causé bien des déboires. Oui, ils m'ont joué bien des tours ce visage qui montre tout, cette bouche qui ne sait se taire sur les douleurs et les joies, ces yeux dans lequels il est si facile de lire.
J'ai voulu changer, tant de fois. Me forger ce masque inné pour certains. Savoir couler de la cire sur mes traits et devenir cette poupée qui dit oui ou non selon les circonstances. J'ai toujours admiré les personnes qui savaient "se tenir", garder la distance.
Aujourd'hui, au milieu de cette nuit si sombre, après tant d'efforts vains pour devenir toutes celles que je ne suis pas, je renonce.
Je ne sais pas ce que cela donnera. Je ne sais d'ailleurs pas grand chose en cet instant. Mais je ne peux me permettre de gaspiller le peu d'énérgie qui me reste dans de futiles jeux de miroirs.
Je vais essayer de tenir. Vivre, cela viendra plus tard. Bien assez tôt.