La coupe à la lie
Que des mots au bout des doigts pour défaire les nœuds au ventre,
Détourner le cri qui enfle, qui hurle et qui chavire,
Faire descendre les larmes, ravaler le cœur,
Se perdre encore pour revenir toujours.
Interroger les racines, brouiller le sang pour y voir jour,
Prier le sombre sans trop y croire,
Finir cette coupe jusqu’à la lie.
Et regarder dans ces yeux clairs, vides et ternes,
Regarder derrière, regarder mieux,
Inventer l’improbable étincelle.
Manger parce qu’il le faut, dormir parce qu’il le faut.
Vivre parce qu’il le faut.
Ne pas tutoyer cette Inconnue,
Ne pas l’appeler délivrance.
Surtout, pas le corps comme exutoire.
Surtout pas ces coulées rouges.
Garder la peau nette et blanche.
Et faire sourire les lèvres qui tremblent.