Croquer dans l'amer
Nuit blanche. Glaciale de doutes, retentissante d’illusions brisées. La journée s’est levée sur mes poings rageurs et j’avais comme un „je t’aime“ coincé au fond de la gorge. J’ai repassé sur l’écran surchargé de ma tête, les images de nos étreintes, le timbre des voix qui caressent. Je me souviens de cette impression de se toucher en miroir, de découvrir le soyeux d’une peau, de palper là où chez la femme il n’y a rien. Rien qu’un vide dont mon corps jusque-là avait été vierge. Mes mains s’étonnaient de danser sur ce Même que me renvoyaient les glaces. Et par-dessus tout ça le sentiment d’avoir fait une rencontre, véritablement. Je le pense toujours. Mais comme il est difficile d’encaisser quand l’âme elle-même a lâché prise, bien après le corps.
Comme il est difficile de se dire que l’humain détruit, inconsciemment peut-être, mais qu’il détruit, là où il y avait pourtant tant à construire. Oh le sol était mouvant, en fuite, se dérobant à presque chaque pas, mais l’édifice qui s’élevait au creux de mon ventre se serait accommodé d’année de labeur.
Il ne reste rien. Que la page immaculée de l’histoire que j’aurais pu vivre. La leur, peut-être, se noircira sous l’encre du temps qui s’écoule. Et dans un voeu furtif, instant fugace où s’estompe la brûlure, je me prends à espérer qu’ils n’auront pas à écrire avec leur sang.
Comme il est difficile de se dire que l’humain détruit, inconsciemment peut-être, mais qu’il détruit, là où il y avait pourtant tant à construire. Oh le sol était mouvant, en fuite, se dérobant à presque chaque pas, mais l’édifice qui s’élevait au creux de mon ventre se serait accommodé d’année de labeur.
Il ne reste rien. Que la page immaculée de l’histoire que j’aurais pu vivre. La leur, peut-être, se noircira sous l’encre du temps qui s’écoule. Et dans un voeu furtif, instant fugace où s’estompe la brûlure, je me prends à espérer qu’ils n’auront pas à écrire avec leur sang.
Publicité