Une seconde de calme
La lumière, ce matin, à la lisière des paupières, avait eu un air de caresse. Son coeur, pour un instant, avait continué de battre serein, vestige d’une nuit xanaxée; et cette infime seconde, cette inspiration sans fantôme, retentissait encore comme une promesse. La journée bien sûr, avec son lot de souvenirs qui poignardent et de désirs qui ne savent plus où trouver refuge, lui avait replacé le haut-le-coeur sous les côtes. Mais la seconde avait existé. Elle l’a sentait battre à sa tempe, comme un pouls réanimé.
Les questions restaient, et les envies de renouveau flottaient bien loin, en dehors de sa portée. La rage, encore, couvait. Mais elle savait maintenant quelle violence elle abritait en son sein, et la connaître, la savoir à l’affût, lui permettait de l’apprivoiser.
Elle tombait dans tous les pièges, l’homme aux sièges de cuir, derrière sa cigarette et son regard impénétrable, le lui avait bien dit. Elle se jetait tête baissée dans ces douleurs prévisibles et ses poings contre le mur n’y changeraient rien. Contrite, elle avait acquiescé. Bien sûr, elle savait. Sa tête savait.
Alors elle s’efforçait de parler à ce démon qui logeait en elle, qui était né à son insu, pendant qu’elle jouait à celle qui est forte et qui comprend. Elle lui promettait de la douceur et de la distance, elle lui promettait de tenir et de grandir, tout en sachant que la seule promesse qu’elle tiendrait, serait celle d’essayer.
Elle ne voulait plus aller au-devant des maux, plus sans armure, plus sans cuirasse ; plus parler de ce qui serait ou ne serait pas, juste observer ses arrières, afin de ne pas être rattrapée par l’angoisse.
Elle serait sur ses gardes.
Et si un jour elle parvenait à enterrer l’amer (…) et à faire la paix avec les voix dans son crâne, alors, elle serait invincible.
Les questions restaient, et les envies de renouveau flottaient bien loin, en dehors de sa portée. La rage, encore, couvait. Mais elle savait maintenant quelle violence elle abritait en son sein, et la connaître, la savoir à l’affût, lui permettait de l’apprivoiser.
Elle tombait dans tous les pièges, l’homme aux sièges de cuir, derrière sa cigarette et son regard impénétrable, le lui avait bien dit. Elle se jetait tête baissée dans ces douleurs prévisibles et ses poings contre le mur n’y changeraient rien. Contrite, elle avait acquiescé. Bien sûr, elle savait. Sa tête savait.
Alors elle s’efforçait de parler à ce démon qui logeait en elle, qui était né à son insu, pendant qu’elle jouait à celle qui est forte et qui comprend. Elle lui promettait de la douceur et de la distance, elle lui promettait de tenir et de grandir, tout en sachant que la seule promesse qu’elle tiendrait, serait celle d’essayer.
Elle ne voulait plus aller au-devant des maux, plus sans armure, plus sans cuirasse ; plus parler de ce qui serait ou ne serait pas, juste observer ses arrières, afin de ne pas être rattrapée par l’angoisse.
Elle serait sur ses gardes.
Et si un jour elle parvenait à enterrer l’amer (…) et à faire la paix avec les voix dans son crâne, alors, elle serait invincible.
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