Une seconde de calme

Publié le par anaïs

La lumière, ce matin, à la lisière des paupières, avait eu un air de caresse. Son coeur, pour un instant, avait continué de battre serein, vestige d’une nuit xanaxée; et cette infime seconde, cette inspiration sans fantôme, retentissait encore comme une promesse. La journée bien sûr, avec son lot de souvenirs qui poignardent et de désirs qui ne savent plus où trouver refuge, lui avait replacé le haut-le-coeur sous les côtes. Mais la seconde avait existé. Elle l’a sentait battre à sa tempe, comme un pouls réanimé.


Les questions restaient, et les envies de renouveau flottaient bien loin, en dehors de sa portée. La rage, encore, couvait. Mais elle savait maintenant quelle violence elle abritait en son sein, et la connaître, la savoir à l’affût, lui permettait de l’apprivoiser.


Elle tombait dans tous les pièges, l’homme aux sièges de cuir, derrière sa cigarette et son regard impénétrable, le lui avait bien dit. Elle se jetait tête baissée dans ces douleurs prévisibles et ses poings contre le mur n’y changeraient rien. Contrite, elle avait acquiescé. Bien sûr, elle savait. Sa tête savait.


Alors elle s’efforçait de parler à ce démon qui logeait en elle, qui était né à son insu, pendant qu’elle jouait à celle qui est forte et qui comprend. Elle lui promettait de la douceur et de la distance, elle lui promettait de tenir et de grandir, tout en sachant que la seule promesse qu’elle tiendrait, serait celle d’essayer.


Elle ne voulait plus aller au-devant des maux, plus sans armure, plus sans cuirasse ; plus parler de ce qui serait ou ne serait pas, juste observer ses arrières, afin de ne pas être rattrapée par l’angoisse.


Elle serait sur ses gardes.


Et si un jour elle parvenait à enterrer l’amer (…) et à faire la paix avec les voix dans son crâne, alors, elle serait invincible.

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Publié dans mumures - voyages

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A
Merci, Yann d'amour. Ton petit mot me fait chaud au coeur, j'ai les yeux tout embués... sourire. Merci de laisser une trace sur ce domaine que j'essaie de créer. C'est bon de savoir que tu me lis.<br /> Oui, j'ai peur. Mais grâce à des gens comme toi, à ta générosité et à ton amitié, à ton coeur immense, cette peur s'efface de temps à autre. Merci de m'aider à éviter les ornières. Merci surtout pour ton écoute et cette manière que tu as de toujours vouloir comprendre et de ne jamais vouloir juger. C'est si rare. Je t'aime.
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Y
Bonsoir mon ange,<br /> déjà quatre jours que tu es partie, et je pense beaucoup à toi. Je lis et je relis ce texte, je lis ta douleur et ce que je vois c'est que tu es entière et que tu n'as pas peur d'avancer sur le chemin qui est le tien; ou peut-être que tu as peur, mais tu avances quand même, et c'est d'autant plus beau. Quoi qu'il en soit je veux être là pour toi, même si je ne suis pas fort pour moi, je veux l'être pour toi. Je t'aime mon Anaïs, et je te dis à bientôt.
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A
Plus aigre que doux, pour l'instant...
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K
Après le commentaire que je viens de lire, le mien va paraitre bien fade ^^ C'est toujours avec joie que je découvre tes nouveaux textes. Je sous toujours impréssioné par la force que tu arrives à donner aux maux. Enterrer l'amer ... c'est beaucoup de travail, mais je jette la première pelle de terre avec mon franc sourire et mon ptit coucou du lundi !!! ^^
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P
Enterrer l’amer... L'anter, voire l'hanter plutôt, non ? L'amer, hélas, est terre, déjà et toujours, demeure et mort ("du berceau à la tombe, celle que j'aimais seul[e]" etc.). Et l'aimer alors ? C'est tout comme... Comment sortir de "nous" ? Contrairement à eux, nous ne naîssons pas de la différ[a/e]nce mais du miroir du même. L'homme est l'Autre parce qu'il sait l'autre, l'autrui (la truie?...) depuis toujours. Ne pas s'adultérer ni s'édulcolorer mais vivre vraiment c'est nécessairement pour nous d'abord la déchirure, la plaie, l'arrachement et le bris des miroirs - l'éclat. Iconoclasme mon amour ; voilà toutes les clameurs que chante le nouveau jour.Continue Anaïs, ta voix déjà est là, présente, antée tout simplement. L'aigre-doux, voilà qui tue l'amer.Je t'embrasse.
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