Mots de Pauline Réage

Publié le par anaïs

Fin d'après-midi pluvieuse, des gris qui s'entre-mêlent. En faisant de sommaires bagages, et en se haïssant pour son goût stupide du symbolique, elle s'était demandé quelle citation conviendrait. Laquelle collerait. Elle avait cherché, feuilletté, fouillé dans ses souvenirs. Mais, malgré tous ses efforts, elle n'avait réussi à se défaire de celle qui lui sautait au coeur. Ce serait donc celle-ci.


"Dans un dernier chapitre, qui a été supprimé, O retournait à Roissy, où Sir Stephen l'abandonnait.

Il existe une seconde fin à l'histoire d'O. C'est que, se voyant sur le point d'être quittée par Sir Stephen, elle préféra mourir. Il y consentit."

(Pauline Réage, Histoire d'O)


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Publié dans arts & more

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A
Plus jamais le/la même, très certainement. Quand à l'aube, elle est loin, encore. Et les prises de conscience décidées n'ont pas été mon fort, ces derniers temps. Peut-être, d'ailleurs, ne l'ont-elles jamais été. Cela aussi, je vais devoir l'apprendre.
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P
"Février 1936. Toute vie est bien entendu un processus de démolition, mais les atteintes qui font le travail à coups d’éclat - les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses, et dont on parle à ses amis aux instants de faiblesse, n’ont pas d’effet qui se voit tout de suite. Il existe des coups d’une autre espèce, qui viennent du dedans - qu’on ne sent que lorsqu’il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu’on s’aperçoit définitivement que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même. La première espèce de rupture donne l’impression de se produire vite - l’autre se produit sans presque qu’on le sache, mais on en prend conscience vraiment d’un seul coup". (Francis Scott Fitzgerald in La Fêlure.)La nuit est tendre (aussi) ; et puis, l'aube qui vient comblera les failles, reconstruira. Cette fin-ci, si magnifique de l'O., l'est parce qu'elle ne l'est pas, que la prétérition ultime permet au fond de ne rien briser de la fiction - sinon en pensées. Bref, c'est tout sauf un choix, tout sauf une prise de conscience décidée qu'une telle fin, non ?
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