Home sweet home?
Le soleil inonde la pièce que j'ai habité pendant des années. Il caresse le carmin irisé de mes meubles d'enfance. Depuis hier, me voilà à nouveau dans ce pays qu'on appelle le mien, patrie que je ne reconnais pas, racines qui mènent au doute. Comment savoir où je vais si l'endroit d'où je viens me parle si peu? L'appréhension cherche son domicile dans ma gorge pendant que mon regard cherche des indices de souvenirs heureux. Il y en a, bien sûr, pas moins que dans l'esprit d'une autre. Mais ils paraissent si loin, intangibles et fugaces images, s'évaporant dès que ma tête tente de s'y frayer un chemin.
Je ne resterai pas, je le sais. Mais les secondes qui passent s'étendent paresseusement le longs de mes muscles.
Tout est si différent à présent. La famille que j'ai eue, que j'ai connue, s'est éclatée dans la maladie, dans les larmes et les reproches inavoués. Les êtres qui restent tentent, tant mal que bien, de donner le change. Mise en scène pour d'improbables spectateurs, sourires figés dans l'expectative d'un improbable deus ex machina.
Dans l'ombre de chacun, pourtant, se dessine des désirs de futurs et de récompense, de compensations pour les heurts encaissés. Et quand nos regards se croisent, ils se promettent des jours meilleurs, mentant sur les blessures qui restent à panser et les batailles qui s'annoncent encore au loin.
Mais que faire? Que dire? Il faut bien y croire à cet infime bout de tunnel...