Être femme
Vent et pluie, depuis des jours et des jours; le temps semble suspendu dans le gris. Pareilles au gouttes sales, mes interrogations tombent en flaque et tapissent le sol de boue. Flic-flac, mes chaussures prennent l’eau, flic-flac.
À la jonction de mes côtes, sous mon coeur que je veille à garder au sec, des questions me taraudent.
Que puis-je apporter au mâl(e) qui me regarde? Dans le déni de ma féminité, dans ma volonté d’être aimée pour moi, pas pour mes courbes, pour moi, pas pour mes yeux, pour moi, pas pour les soirées de séduction et d’alcool, pour moi, pas pour une image en trompe-l’oeil, juste pour moi, j’ai peu à peu effacé tous les risques, toutes les tentations et toutes les tromperies de cette jeune fille qui naissait.
Que restait-il? Une amie au rire facile, à l’écoute appuyée, un pôle certain dans les soirées qui s’éternisent, un conseil conciliant, pas toujours avisé, une présence, un style un peu autre, entre écharpes en bataille et jupes superposées, et un amour pour les mots, immense, réel, indestructible.
Et quand dans un sursaut d’angoisse, j’avais tenté de rectifier le tire, de mouler plus étroitement mes hanches, de relever plus adroitement mes cheveux, quand j’avais essayé de décroiser les jambes et de doucement rougir, quand j’avais appris à dire ces désirs d’être remplie et liée, embrassée et embrasée, contenue et délivrée, quand j’avais voulu
être femme
cela n’avait pas suffi. J’avais échoué, brisée dans un mélange guère charmeur de larmes et de sincérité, sans attraits car sans fard, sans mirage, juste pleine de contradictions, de doutes, de peurs peu mystérieuses.
//Dehors, la pluie fait rage. Dans ma tête, son clapotis résonne étrangement comme des mots. Tiède-tendre, tendre-tiède, tiède-tendre.
Dans ma tête, la passion s’enterre, s’endeuille. Elle n’est pas pour moi.
À la jonction de mes côtes, sous mon coeur que je veille à garder au sec, des questions me taraudent.
Que puis-je apporter au mâl(e) qui me regarde? Dans le déni de ma féminité, dans ma volonté d’être aimée pour moi, pas pour mes courbes, pour moi, pas pour mes yeux, pour moi, pas pour les soirées de séduction et d’alcool, pour moi, pas pour une image en trompe-l’oeil, juste pour moi, j’ai peu à peu effacé tous les risques, toutes les tentations et toutes les tromperies de cette jeune fille qui naissait.
Que restait-il? Une amie au rire facile, à l’écoute appuyée, un pôle certain dans les soirées qui s’éternisent, un conseil conciliant, pas toujours avisé, une présence, un style un peu autre, entre écharpes en bataille et jupes superposées, et un amour pour les mots, immense, réel, indestructible.
Et quand dans un sursaut d’angoisse, j’avais tenté de rectifier le tire, de mouler plus étroitement mes hanches, de relever plus adroitement mes cheveux, quand j’avais essayé de décroiser les jambes et de doucement rougir, quand j’avais appris à dire ces désirs d’être remplie et liée, embrassée et embrasée, contenue et délivrée, quand j’avais voulu
être femme
cela n’avait pas suffi. J’avais échoué, brisée dans un mélange guère charmeur de larmes et de sincérité, sans attraits car sans fard, sans mirage, juste pleine de contradictions, de doutes, de peurs peu mystérieuses.
//Dehors, la pluie fait rage. Dans ma tête, son clapotis résonne étrangement comme des mots. Tiède-tendre, tendre-tiède, tiède-tendre.
Dans ma tête, la passion s’enterre, s’endeuille. Elle n’est pas pour moi.
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