Être femme

Publié le par anaïs


Vent et pluie, depuis des jours et des jours; le temps semble suspendu dans le gris. Pareilles au gouttes sales, mes interrogations tombent en flaque et tapissent le sol de boue. Flic-flac, mes chaussures prennent l’eau, flic-flac.

À la jonction de mes côtes, sous mon coeur que je veille à garder au sec, des questions me taraudent.

Que puis-je apporter au mâl(e) qui me regarde? Dans le déni de ma féminité, dans ma volonté d’être aimée pour moi, pas pour mes courbes, pour moi, pas pour mes yeux, pour moi, pas pour les soirées de séduction et d’alcool, pour moi, pas pour une image en trompe-l’oeil, juste pour moi, j’ai peu à peu effacé tous les risques, toutes les tentations et toutes les tromperies de cette jeune fille qui naissait.

Que restait-il? Une amie au rire facile, à l’écoute appuyée, un pôle certain dans les soirées qui s’éternisent, un conseil conciliant, pas toujours avisé, une présence, un style un peu autre, entre écharpes en bataille et jupes superposées, et un amour pour les mots, immense, réel, indestructible.

Et quand dans un sursaut d’angoisse, j’avais tenté de rectifier le tire, de mouler plus étroitement mes hanches, de relever plus adroitement mes cheveux, quand j’avais essayé de décroiser les jambes et de doucement rougir, quand j’avais appris à dire ces désirs d’être remplie et liée, embrassée et embrasée, contenue et délivrée, quand j’avais voulu

être femme

cela n’avait pas suffi. J’avais échoué, brisée dans un mélange guère charmeur de larmes et de sincérité, sans attraits car sans fard, sans mirage, juste pleine de contradictions, de doutes, de peurs peu mystérieuses.


//Dehors, la pluie fait rage. Dans ma tête, son clapotis résonne étrangement comme des mots. Tiède-tendre, tendre-tiède, tiède-tendre.

Dans ma tête, la passion s’enterre, s’endeuille. Elle n’est pas pour moi.

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J
encore un mot SdB === Simone de Beauvoir of course vous saviez.. et j'aime user de tous ces déguisements, kool et autres, j'en passe jouer avec est un vrai plaisir.
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J
j'aime vraiment votre écriture,<br /> les mots qui sortent de votre crâne, de votre corps, de votre coeur.<br /> touchée, par cette sincérité que je découvre à chaque syllabe, d'autant plus que je connais votre visage, les courbes de vos épaules, votre sourire<br /> votre air espiègle (sisisisiisi !!)<br /> peut être qu'on ne nait pas femme, comme dirait SdB, qu'on tente de le devenir, à travers les amitiés, les amours, les hommes, les femmes<br /> le chemin est long,<br /> les amours , la passion, l'amitié aussi<br /> créés les ornières, les trous où parfois, encore et encore on chutera..<br /> mais chère A que serait une vie, sur un chemin de platitude, en écrivant celà, j'essaye aussi de me convaincre, rien n'est acquis, si ?<br /> non j'en suis intimement persuadée, mais la vie, la vraie, celle qui nous fait palpiter encore et encore c'est celà, des trous et des bosses et l'amour, encore et encore..<br /> je crois, j'y crois<br /> je vous embrasse<br /> je vous donne l'adresse de mon autre blog...
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A
Je ne suis pas si sûre que ça d'être dans le vrai. Je patauge. À force de vouloir me poser des questions sur moi, je ne sais plus ce que je devrais faire ou pas, où finissent mes qualités et où commencent mes défauts.<br /> <br /> Le chemin du naturel? Je ne sais pas. Je pensais qu'il était peut-être possible d'avoir tout ensemble: le khol, les jupes et la sincérité. Mais j'échoue, encore et encore. Et je me dis qu'un peu de faux-semblant de mon côté, parfois, ferait du bien aux gens qui sont fatigués de mes larmes. Parce que mes névroses restent pénibles à vivre pour l'Autre, même si je les "avoue" et les reconnais. Peut-être ferais-je mieux de ne rien dire, de cacher.<br /> <br /> Ce matin tout est en vrac das ma tête.
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P
J'avais dit que je me taisais mais... me revoilà ! Encore un (beau) texte qui me parle...Sache que c'est toi qui as raison, qui es "vraie", que c'est ce chemin là qu'il convient de prendre (je m'y essaie avec difficultés), celui du naturel, du sans fard (sinon les mots!), des jambes croisées et serrées, des jeans, des culottes en coton, de la toison en bataille, des yeux sans khol, des lèvres nues etc.Séduire alors, maybe, celles et ceux qui savent les dangers du jeu des apparences et des miroirs, qui vont au delà des mots ; séduire ainsi pour l'odeur toute simple mais si musquée du corps en sueur, son foisonnement de réflexes exquis - laisser suinter le vrai de la vie ; séduire enfin en refusant de démultiplier le jeu pervers du voilé/dévoilé qui démultiplie notre mensonge initial, ce manque contre lequel, naturellement, nous ne pouvons rien. Bref, Anaïs, tu avances avec beaucoup de grâce et je te souhaite de très belles rencontres (qui viendront)Je t'embrasse.
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