J'ai la mémoire qui flanche...

Publié le par anaïs


Pâques. Prélude à l'été.

Au-dessus de la langueur des jours fériés, le soleil attend, tapi encore pour quelques temps, mais se préparant à faire brûler les pierres de la ville. Couchée dans l'herbe, j'ai pris les premiers rayons, sentant mon corps conquis de chaleur, et mon âme roulée en boule sous les souvenirs. J'ai verrouillé mon coeur aux images trop cuisantes, fermé les paupières pour que rien ne s'y engouffre excepté l'ombre colorée qui danse lorsqu'on a regardé longtemps la luminosité du ciel. Silencieuse, j'écoutais mon souffle, la brise dans la haie sur ma droite et le ballet piailleur des oiseaux.

J'aurais pu penser à ma candeur, il y a deux ans, quelques jours avant que ma tête et mon corps ne prennent un virage vers les couleurs de l'intense.

J'aurais pu penser à mon espoir, il y a un an, quelques mois avant que je ne me rende à l'évidence.

J'aurais pu penser à mon désir, à mon angoisse, à mon savoir déjà, que tout était joué, lorsque, débarquant sur cette même pelouse, accablée de chaleur et pleine d'envies obscènes, je trouvai une peau inconnue.

Si j'y avais pensé, il m'aurait fallu oublier nos jambes qui s'enmêlaient, nos bouches affamées, les rires à même l'herbe, le vin, le fromage, les crustacés, l'angoisse, les regards de feu et la braise dans les reins, les cigarettes, appuyée contre la baie, l'angoisse, les mains qui se cherchent et les sexes qui se trouvent, la sieste à toute heure, la fraîcheur des chambres quand les rayons brûlaient trop, le désir, immense, qui balaye, qui embrase, qui détruit, qui émerveille, le désir, l'angoisse, les ongles qui s'incrustaient, les chuchotements qui devenaient promesses, devenaient menaces, la sueur, les peaux qui bronzaient et rougissaient, et parfois s'ornaient de marques, l'angoisse, les cuisses qui s'ouvraient, le coeur qui se fermait.

J'aurais pu penser à tout ça, allongée dans le parc, somnolant dans ma mémoire. Mais il fallait bien retenir les larmes.

Alors ma tête est restée muette. Baillonnée.
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Publié dans mumures - voyages

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A
<br /> Merci.... tout pareil, et avec un rayon de soleil...
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J
je vous embrasse<br /> tous les deux<br /> affectueusement<br />  
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S
Je comprends. Et je respecte votre attitude, moi qui vous ai fait tant de mal.<br /> <br /> Oui, ces jours, à deux, puis ä trois, ont été joyeux. Vous et moi les avons vécus de la sorte, sans tricher.<br /> <br /> Baisers, SC
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A
<br /> Vous et moi savons que la question du "pourquoi?", il ne vaut mieux pas la poser. Cela fait trop mal. Et cela rend amer.<br /> <br /> Si vous saviez comme j'ai envie de garder des souvenirs, quelqu'uns, qui soient exempts de cette amertume...!<br /> <br /> Alors je ne me la pose pas (trop). J'essaie.<br /> <br /> Car céder au désespoir, ne voir que la dévastation, c'est aussi accepter que de notre histoire à nous deux, mais à nous trois aussi, il ne reste rien.<br /> <br /> Je m'y refuse. C'est peut-être mon romantisme mal placé. C'est peut-être ma naiveté que je croyais morte. C'est peut-être mon âge. Mais si je veux vivre, écrire, un jour peut-être aimer encore, je dois me forcer à penser ainsi...<br /> <br /> Dans l'espoir qu'un jour cela devienne naturel.
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S
Chacun fait comme il peut, Chère, Très Chère Anaïs, mais pourquoi faudrait-il que nous nous plions toujours à l'ordre des personnes qui trichent et qui mentent, et/ou délire des psychotiques que nul ne soigne et qu'on laisse détruire tout auteur d'elles/eux ?<br /> <br /> Pourquoi ?<br /> <br /> Pourquoi payez-vous, et moi avec vous, les "salades" que l'on nous a fourguées ?<br /> <br /> Oui ces journées auxquelles nous songeons ont retenti de nos rires joyeux et de nos gémissements, nos corps et nos sexes ont joui, comme jamais, comme peu ont joui, mais il y avait une supercherie qui, déjà, "travaillait" et ruinait notre plaisir, notre espérance, notre bonheur.<br /> <br /> Nous sommes là, désormais, séparés, souffrants, pour rien. Et elle ? Je ne crois pas qu'elle souffre. Elle a retrouvé ses chimères auxquelles elle n'avait jamais renoncé, son mari complaisant, leur lien pervers et hystérique, ce flot de merde dans lequel ils se vautrent depuis des années. Ce qu'il advient de nous ? ces gens, leurs psys et leurs animaux tristes n'en ont en cure. Qu'ils aillent non pas au Diable (le beau Diable dressé était en notre parc, et fier, et vaillant), mais dans un purgatoire gris et sinistre jusqu'à l'extinction des temps, du leur, et de tous les Temps des hommes qui se tiennent debout.
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