Work in progress ?
Le café du matin s’allonge, se fait prétexte. Elle plane paresseusement au dessus du journal, elle qui d’ordinaire le survol en accéléré. Quelques mots et de vagues idées s’effritent dans sa tête. Il faudrait écrire, mettre en ordre, rédiger, finir enfin. La défaillance des mots alors qu’elle sait la liberté proche. La paralysie l’a prise, emprisonnée dans les fils d’une toile gluante. Les doutes l’assaillent, chaque fois ce même combat, contre elle-même, contre les crampes au ventre, quelque chose qui se tord à l’intérieur.
Elle a l’impression d’être une immense imposture. Ils vont se rendre compte, tous, forcément, qu’elle n’a rien lu, qu’elle est bête, qu’elle est vide. Elle a eu de la chance jusqu’à présent, c’est tout. Des professeurs bienveillants, une petite capacité à enrober les quelques connaissances dans de jolis mots. Elle est passée entre les mailles du filet. Mais maintenant, à l’aube de la dernière porte, elle est incapable de franchir le seuil. Tellement elle est sûre de ne pas le mériter.
(ou alors est-ce la peur? de tomber sans les chaînes. de s’envoler sans la cage. de se perdre sans les rails.)
Elle se sent néant, poussière, contingence.
Elle se sent rien, fondamentalement.
Elle a l’impression d’être une immense imposture. Ils vont se rendre compte, tous, forcément, qu’elle n’a rien lu, qu’elle est bête, qu’elle est vide. Elle a eu de la chance jusqu’à présent, c’est tout. Des professeurs bienveillants, une petite capacité à enrober les quelques connaissances dans de jolis mots. Elle est passée entre les mailles du filet. Mais maintenant, à l’aube de la dernière porte, elle est incapable de franchir le seuil. Tellement elle est sûre de ne pas le mériter.
(ou alors est-ce la peur? de tomber sans les chaînes. de s’envoler sans la cage. de se perdre sans les rails.)
Elle se sent néant, poussière, contingence.
Elle se sent rien, fondamentalement.
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