À cette aube...
Le rideau de pluie s’ouvre et se ferme, j’ai de nouvelles musiques dans les oreilles, achetées hier, dans un désir neuf de Mélancolie. La voix éraillé me parle de pays que je ne connais pas encore, me chante la mélopée d’un avenir incertain, entre gris et gris.
Et je me souviens.
Je me rappelle mon adolescence dans cette pièce, les rires autour d’un garçon improbable, des sourires de filles, des secrets partagés à l’heure du goûter et tout cet espoir d’ailleurs, si grand, si violent, si inébranlable. Toutes ces elles qui s’esclaffaient sur les mêmes blagues, à mi-chemin entre le temps de la sucette à la fraise et celui du rouge à lèvres écarlate.
Et, seule, dans ma chambre, je prenais la plume du soir pour tracer des mots d’aube.
Qu’elle me manque cette midinette pleine de rêves… Celle qui souriait quand on lui disait « tu verras, il y aura l’Amour… ».