Mots d'Amélie Nothomb

Publié le par anaïs

 

« On ne me vit plus avec le trio. Les jeunes filles ne s’aperçurent pas plus de mon absence que de ma présence. J’étais invisible. C’était ça, mon problème. Défaut de visibilité ou défaut d’existence ? Cela revenait au même : je n’étais pas là. Ce souvenir me tortura. Je constatai avec dégoût que cela n’avait pas changé. Ou plutôt si : il y avait Christa. Christa qui m’avait vue. Non, c’eût été trop merveilleux. Christa ne m’avait pas vue : elle avait vu mon problème. Et elle s’en servait. Elle avait vu une fille qui souffrait abominablement de ne pas exister. Elle avait compris qu’elle pouvait utiliser cette douleur vieille de seize ans.

 

Déjà, elle s’était emparée de mes parents et de leur appartement. Elle ne s’arrêterait sûrement pas en si bon chemin. »

(Amélie Nothomb, Antéchrista)

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Publié dans arts & more

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A
Cher Vous...<br /> Vous allez "rire" (jaune!)...: j'avais déjà lu "Antéchrista", il y a trois ans environ... et pourtant... Il faut non seulement lire, mais aussi comprendre ce que nos lectures nous disent du monde. J'ai lu Nothomb "les yeux fermés"...<br /> Tendresse, A.
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S
Très Chère "Anaïs",<br />  <br /> Oui, nous ne lisons pas assez, vous et moi. Et nous découvrons, après coup, des textes qui auraient pu nous aider. Nous éclairer. Vous vous souvenez ? Juste avant l'été, en mai, quand je dévorais le journal de Nin ? Et, maintenant, vous, avec Nothomb ?<br /> Lisons. Lisons toujours plus. Et vivons les yeux ouverts.<br /> Je pense à vous, SirCrimson.
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