Rejet

Publié le par anaïs

Sous ma peau quelque chose se rebelle. Chaque jour mon reflet prend une claque ; je me toise dans le miroir. Mes lectures tournent autour du corps et me donnent la nausée. Truismes, À ciel ouvert et même ce Carnet d’une soumise de province que j’aurais pu trouver beau, je pense, si chaque phrase ne me faisait frissonner de mal-être. Il se passe des choses étranges, que je ne comprends pas, qui s’ajoutent à la fatigue et au stress, comme un dégoût de la chair contemporaine, un haut-le-cœur infiniment triste qui ne quitte plus ma gorge. La glace me renvoie l’épaisseur de mes cuisses, la pâleur de mon teint, mes fesses qui me paraissent alourdies, molles et d’une blancheur sèche. Les mots que je lis sont comme une nourriture, ils me sautent à la gorge, ne passent pas, je fais un rejet de ces corps à corps inlassables. Les descriptions me poursuivent la nuit, cliniques, froides, désabusées, sombrant dans le détail pour faire oublier que l’essentiel n’est plus possible.

Et alors, mon âme imprime à son enveloppe la seule réaction qu’elle connaisse : Les brûlures dans la poitrine et la gorge, l’angoisse qui monte, qui cherche, qui traque l’indice d’une maladie, d’une déficience ; les yeux qui se posent partout, s’attardent, jusqu’à avoir trouvé la puce à l’oreille. La tête dans l’étau, les épaules qui se crispent et avalent la nuque, faisant glisser la sueur le long de la colonne pour finalement se loger dans les reins.

Hier soir, j’ai cédé, chassant les images à coup de Xanax, afin que la nuit, le temps de quelques heures, soit vraiment noire.

 

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Publié dans mumures - voyages

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B
Merci du passage chez moi, et des mots déposés, quelle qu\\\'en ait été leur portée philosophique ;-) , ils ont au moins eu le mérite de me faire sourire, voilà qui n\\\'est pas négligeable.J\\\'aime l\\\'écriture Anaïs, les textes ici publiés : ils sont beaux de mélancolie, de suavité et d\\\'une retenue toute particulière. Bien sûr, j\\\'y lis aussi les douleurs, et il serait assez indélicat de les trouver belles, elles. A défaut, je t\\\'envoie mes pensées. A très bientôt!
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A
Merci beaucoup pour votre passage; et d'avoir pris le temps de laisser votre trace... féline... *sourire*. Et surtout continuez de me faire rêver avec vos images, chez vous. À bientôt...
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O
Quelle émotion à travers ce texte !!! J'aime votre écriture.Prenez soin de vous!
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A
Cher Peter Pan,<br /> Imposé? Tu sais, les mots, l'échange de mots, la lecture des autres (chez soi ET chez eux) sont des sécateurs d'épines tellement plus efficaces que tous les Xanax du monde... Alors s'imposer? Tu es le bienvenu ici, quand tu veux. Merci d'avoir laissé ta trace...<br /> À bientôt, peut-être... A.
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P
Les lectures qui alimentent la souffrance, elle sont nombreuses. Ca fait mal, malgré la beauté des mots, malgré la magie des phrases. Mais peut-être sont-elles utiles pour nous aider à guérir. Parce que le mal, parce que les épines enfoncées dans nos corps et dans nos âmes, pour les retirer, il n'y a pas d'autre solution que de les voir, même si ça fait mal. C'est la raison pour laquelle la souffrance existera toujours : il y a tellement d'épines... La porte de sortie n'existe pas. Il y a seulement des tunnel moins sombres que les autres. Et quand il n'y a plus le choix. Il y a du Xanax. C'est pas grave.<br /> Je suis toujours touché par l'expression de la souffrance.<br /> Je suis désolé de m'être imposé ainsi chez toi.
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