F(r)ictions 2

Publié le par anaïs

T’as quatorze ans, elle en a treize, elle a des nattes à faire pâlir d’envie la petite fille aux allumettes et elle te regarde d’un air bêcheuse et elle dit : « ben non ».

 

« Ben non », ça veut dire, non tu ne viendras pas à mon anniversaire ni à celui d’Alexandra, parce qu’Alexandra c’est ma copine, donc pas la tienne, et puis non tu fais pas partie de notre groupe et pas partie de notre univers de rire, de petits mots complices glissés pendant les cours et de chuchotements dans l’oreille avec la main devant. Pour bien protéger, pour bien cloisonner, pour bien montrer que « tu n’en es pas » pauvre idiote et que tu n’en seras jamais, alors elle cligne des yeux et elle soupire l’air de dire, je suis désolée mais je peux vraiment rien pour toi, t’es décidemment trop pas comme nous, trop pas assez cool, pas assez jolie, pas assez adulée des garçons qui déjà se voit tirer les nattes vers le bas, vers leur bas, vers…. Bref, tu seras jamais une femme comme nous. Et toi tu montres pas tes larmes et tu te dis que forcément ça va te hanter et que tu te vengera un jour, sur d’autres nattes, à couper dans son sommeil par exemple, ou alors tu deviendras coiffeuse et tu teindras toutes les nattes du monde en vert ou en bleu, et puis, puisque c’est comme ça tu deviendras intelligente et tu les désincarneras à coup de livres et

 

- et ça changera rien parce que t’en crèveras pareil, mais au moins t’auras les mots pour le dire.

 

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Publié dans fictions en miroir

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A
Cher Pan -<br /> Oh bien sûr, je ne suis pas dupe par rapport à la fiction. Et d'autant plus sur un blog, où la plus part des textes sont "jetés" ici, sans beaucoup de travail d'écriture par dessus. Tous les textes que je poste dans la catégorie "fictions en miroir" (d'ailleurs l'intitulé le dit bien!) sont avant tout un effort de m'arracher au simple vécu, de transposer, de faire passer dans l'écriture. Il est absolument évident, pourtant, qu'ils sont tous, hmm, disons "d'inspiration autobiographique" (mais tout texte ne l'est-il pas?).<br /> Quant à ta question sur la jalousie et l'envie... Oui, aussi, bien sûr. Un de mes plus grands défauts (et destructeur, crois-moi!!), c'est de me comparer aux autres, sans cesse, en finissant invariablement par en conclure que je suis "moins bien". Alors pour exorciser tout cela, j'écris. En espérant que cela disparaisse peu à peu...<br /> Aucun besoin de t'excuser. J'ai lu tes problèmes d'ordinateur sur ton blog. Et puis, chacun à sa vie "hors sphère bloguesque" sourire... parfois le temps ne se prête pas à l'écriture... Des pensées en tendresse, A.
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P
Jalousie, envie ?<br /> Et les histoires qu'on raconte, la fiction, il parait que ça sort de l'inconscient. Après faut traduire. Moi j'ai toujours peur. Certains n'aiment pas quand on essaye de traduire.<br /> Pardon pour mes absences.<br /> Je t'embrasse.
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A
Théo - Un personnage de Tim Burton? Je suis flattée, j'adore ce cinéaste... (oui mais alors je voudrais que le personnage masculin soit joué par Johnny Depp et qu'à la fin il quitte une nattée pour la coiffeuse qui serait jouée par moi ET DONC que je pourrais l'embrasser et tout et tout...!) Un grand sourire vers toi! A.
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T
Ah, je la vois presque la coiffeuse qui se venge sur toutes les nattes de la terre ! j'aime, j'aime beaucoup, ça ferait un beau personnage, confions le scénario à Tim Burton !Des bises à toi jolie nattée !
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A
- *Immense sourire" à la Jeanne bagarreuse, j'adore...!!! Merci. Je ferai appel à toi la prochaine fois que j'ai besoin d'une acolyte contre les bêcheuses-voleuses-garces en tout genre...  (enfin, cela dit, le texte là, c'est de la fiction... enfin, un peu...).<br /> Bref, tout ça pour dire que je t'embrasse fort fort (et toi aussi t'es belle!), A.<br /> - Cher Sir, merci beaucoup. Je crois que je vais continuer cette série "F(r)ictions", ça me défoule... *sourire*. Je vous envoie un baiser baume pour votre gueule de bois (oups, il ne fallait pas le dire?? rire...). Des pensées douces. A.
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