En filigrane
Retenue au lit par une méchante grippe, je l’attends en me plongeant au coeur des lectures qui l’ont habité depuis l’été. Je dévore les pages, affamée de lectures choisies, enfin, après la fin des examens.
Comme souvent, avec mille émotions contradictoires, je découvre deux histoires au lieu d’une. Au fur et à mesure que le livre se dévoile, c’est son histoire, la nôtre, la leur, qui se livre également à moi, au fil des passages marqués et annotés d’un simple „NB“, comme à son habitude. Pas besoin d’explications ni de traductions: pour la plupart des fragments ainsi encadrés, je saisis immédiatement la portée qu’ils ont pu avoir pour lui, à la lecture. Bien sûr, on pourrait m’objecter que les notes prises le sont en raison d’un intérêt professionnel, intellectuel. Certes. Mais la limite entre les deux est-elle si large? Pour le connaître un peu, maintenant, je sais que ses intérêts-là sont rarement éloignés de ceux qui le tiennent éveillé quand la nuit tombe.
En écrivant ces mots, l’oeil s’échappant parfois sur le parc presque gris dans le crépuscule, je me surprends à ne pas être triste. Ou alors de manière si douce, comme lorsqu’on contemple sur des photographies de beaux paysages dont on sait qu’on ne les verra jamais pour de vrai.
Je suis loin du désespoir qui me prenait, il y a presque exactement un an, alors que je lisais dans le Ni toi, ni moi de Camille Laurens la preuve de tout se que je devinais au jour le jour. Je me souviens avoir pleuré des heures durant, au fil des pages, atterrée d’avoir eu raison.
Aujourd’hui, c’est avec tendresse que je lis les émotions qu’il inscrit en filigrane. Parce que la rage d’autrefois, face à ce que je ne serais jamais, a fait place à l’acceptation. Cette acceptation n’est pas une résignation puisqu’elle s’accompagne de l’espoir que les liens se tissent et s’étoffent au quotidien, dans la réalité d’une présence, dans le tangible de la vie; et non dans l’évanescence des mots et de l’incarnation.
Comme souvent, avec mille émotions contradictoires, je découvre deux histoires au lieu d’une. Au fur et à mesure que le livre se dévoile, c’est son histoire, la nôtre, la leur, qui se livre également à moi, au fil des passages marqués et annotés d’un simple „NB“, comme à son habitude. Pas besoin d’explications ni de traductions: pour la plupart des fragments ainsi encadrés, je saisis immédiatement la portée qu’ils ont pu avoir pour lui, à la lecture. Bien sûr, on pourrait m’objecter que les notes prises le sont en raison d’un intérêt professionnel, intellectuel. Certes. Mais la limite entre les deux est-elle si large? Pour le connaître un peu, maintenant, je sais que ses intérêts-là sont rarement éloignés de ceux qui le tiennent éveillé quand la nuit tombe.
En écrivant ces mots, l’oeil s’échappant parfois sur le parc presque gris dans le crépuscule, je me surprends à ne pas être triste. Ou alors de manière si douce, comme lorsqu’on contemple sur des photographies de beaux paysages dont on sait qu’on ne les verra jamais pour de vrai.
Je suis loin du désespoir qui me prenait, il y a presque exactement un an, alors que je lisais dans le Ni toi, ni moi de Camille Laurens la preuve de tout se que je devinais au jour le jour. Je me souviens avoir pleuré des heures durant, au fil des pages, atterrée d’avoir eu raison.
Aujourd’hui, c’est avec tendresse que je lis les émotions qu’il inscrit en filigrane. Parce que la rage d’autrefois, face à ce que je ne serais jamais, a fait place à l’acceptation. Cette acceptation n’est pas une résignation puisqu’elle s’accompagne de l’espoir que les liens se tissent et s’étoffent au quotidien, dans la réalité d’une présence, dans le tangible de la vie; et non dans l’évanescence des mots et de l’incarnation.
Publicité